Un climat de peur gagne la Route nationale numéro 2 (RN2), au niveau de Mwaro, dans le groupement de Rugari, territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu. La population locale dénonce les agissements répétés d’un homme armé d’un fusil AK-47, qui opère à proximité immédiate du Parc national des Virunga, à une centaine de mètres seulement des habitations civiles.
Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, l’individu circule librement dans la zone et s’attaque aux passagers en provenance de Goma ou de Rutshuru, semant la panique parmi les usagers de cet axe stratégique reliant plusieurs centres économiques du Nord-Kivu.
Des incidents particulièrement graves ont été signalés le vendredi 10 janvier, aux environs de 17 h 30, heure locale. Une commerçante se rendant de Goma à Rutshuru, accompagnée d’un conducteur de moto, a été victime d’un pillage à main armée.
« Il nous a arrêtés et nous a ordonné de tout lui remettre. J’avais sur moi 1 000 dollars américains ainsi qu’un téléphone, sans compter l’argent et le téléphone du taximan. Il pointait son arme sur ma tête, nous n’avions pas le choix », a confié la victime, encore sous le choc.
Un autre témoignage, celui d’un taximan-moto, fait état d’un mode opératoire similaire.
« Je roulais normalement lorsqu’un homme s’est brusquement jeté devant la moto. Il nous a menacés avec son arme. Comme nous n’avions que des téléphones, il les a pris avant de disparaître », raconte-t-il.
À Rugari, plusieurs habitants affirment être en mesure d’identifier l’auteur présumé de ces actes criminels, évoquant son apparence et son comportement.
« C’est un jeune homme mince. Il porte souvent une veste qui ressemble à celles des groupes d’autodéfense locaux », explique une femme rencontrée dans la zone.
Ces attaques ont eu un impact immédiat sur la circulation sur la RN2. Par crainte d’être agressés, certains voyageurs préfèrent rebrousser chemin ou interrompre leur trajet.
« J’ai décidé de retourner passer la nuit à Rumangabo. À Mwaro-Rugari, on venait d’apprendre que quatre motos avaient été pillées », témoigne par téléphone un passager en route de Kiwanja vers Goma.
Face à cette insécurité persistante, les usagers de la RN2 lancent un appel pressant au renforcement des dispositifs de sécurité. Ils exigent des patrouilles régulières, notamment au niveau de Mwaro, afin d’assurer la protection des civils et de garantir la libre circulation sur cet axe vital.
Pour rappel, le groupement de Rugari est actuellement sous le contrôle de l’AFC-M23, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par une forte instabilité.
Kanoba Obadias







