La situation sécuritaire et humanitaire dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, atteint un niveau alarmant. Dans un communiqué publié le 17 janvier 2026, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru alerte sur des crimes de masse perpétrés depuis plusieurs mois dans plusieurs groupements de cette entité, dénonçant un « véritable carnage » attribué aux rebelles du M23-RDF-AFC.
Selon cette organisation de la société civile, à partir du lundi 12 janvier 2026, plus de 91 civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des hommes, auraient été sauvagement tués dans plusieurs villages du groupement de Bukombo. Les localités concernées incluent notamment Rukiri, Bumbasha, Kivuma, Kanyangohe, Karambi, Kinyanguku, Mashango, Manyoni, Kasheberi, Mukaka Sisa, Mudugudu, Bushobyo, Bunkuba, Buhambira, Kanyatsi et Katovu. Le bilan reste provisoire, plusieurs corps n’ayant pas encore été enterrés.
Le communiqué fait également état de violences sexuelles d’une extrême gravité. D’après les témoignages recueillis auprès des survivants, plusieurs femmes et jeunes filles auraient été violées avant d’être exécutées. La collecte d’informations se poursuit afin d’établir un bilan définitif de ces exactions, qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Dans le groupement de Bukombo, notamment dans les localités de Karambi (Chahemba), Kanyangohe et Mashango, le M23-AFC, soutenu par le Rwanda selon la jeunesse de Rutshuru, aurait déployé des éléments armés venus de Kibizo, Bambo et Mweso. Ces forces auraient encerclé les villages, piégeant une partie de la population surprise dans les champs à la recherche de nourriture. Plusieurs victimes auraient été tuées par balles, lors de bombardements, ou décapitées à la machette. De nombreuses habitations civiles ont été incendiées, des biens pillés et du bétail emporté.
Par ailleurs, le Conseil territorial de la jeunesse dénonce l’imposition de travaux communautaires forcés, communément appelés salongo, dans plusieurs villages sous occupation, contraignant les habitants à détruire leurs bananeraies. Cette pratique aggrave davantage la précarité alimentaire et la crise humanitaire déjà critique dans la région.
Face à ce qu’il qualifie de silence complice de la communauté nationale et internationale, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante et urgente afin d’établir les responsabilités. Il exige également des sanctions ciblées contre les auteurs de ces atrocités, ainsi que la mise en place immédiate d’un mécanisme efficace de protection des civils et d’assistance humanitaire, en particulier dans la chefferie de Bwito.
« Le silence tue. Ne pas agir, c’est être complice », conclut le communiqué, appelant la communauté internationale à agir sans délai pour éviter la disparition totale de la vie humaine dans cette partie du Nord-Kivu.
Kanoba Obadias







