Le premier roman de l’auteur congolais , enseignant et chercheur en Sciences de l’Information et la Communication,Clément Dibwe, intitulé «Destins croisés», a été porté sur les fonts de baptismaux,ce vendredi 20 mars à l’Institut National des Arts(INA) . Publié aux éditions L’Harmattan, l’ouvrage marque les débuts littéraires d’un chercheur qui s’aventure dans la fiction avec une narration centrée sur les réalités sociales et humaines de la capitale congolaise.
La cérémonie a réuni des universitaires, journalistes et acteurs culturels venus découvrir cette œuvre présentée comme un récit mêlant émotion, destin et questionnements sociaux. Le vernissage a été conduit par le professeur Augustin Mubiayi, commandant du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense. L’ouvrage bénéficie par ailleurs d’une préface signée par le professeur émérite Yoka Lye Mudaba, qui propose une lecture analytique des thèmes développés par l’auteur.
Composé d’environ 200 pages, le roman explore plusieurs dimensions de la vie sociale, notamment l’amour, la résilience, la solidarité, le destin et la portée des choix individuels dans des contextes souvent difficiles. À travers ce récit, l’auteur situe son intrigue dans l’effervescence de Kinshasa, toile de fond d’un parcours familial marqué par les épreuves.
L’histoire suit principalement Manassé Mangofa, un garçon de douze ans confronté très tôt aux responsabilités après la perte de son père. Le jeune personnage s’efforce de soutenir sa mère, Lola, devenue infirme, ainsi que sa sœur cadette Julia. Dans un environnement urbain parfois hostile, le récit met en lumière les tensions entre espoir et précarité qui structurent leur quotidien.
Au fil du récit, le protagoniste est également exposé à des influences susceptibles de l’éloigner de l’éducation reçue au sein de sa famille. Des personnages comme Kandolo ou Maestro incarnent ces dérives possibles. L’auteur inscrit ainsi son intrigue dans une réflexion plus large sur la construction morale de l’individu, rappelant l’idée avancée par le philosophe Jean-Jacques Rousseau selon laquelle l’environnement social peut altérer la nature humaine. Toutefois, le roman met l’accent sur la capacité de choix et de retour aux valeurs fondamentales.
À travers cette trajectoire narrative, Destins croisés esquisse le portrait d’une société urbaine traversée par les inégalités et la précarité, tout en valorisant la dignité et la solidarité comme leviers de résistance. L’ouvrage se veut également porteur d’un message à destination de la jeunesse congolaise, confrontée à la recherche de repères dans un contexte social complexe.
Avec cette première publication, Clément Dibwe propose un récit qui ambitionne de dépasser le simple cadre romanesque pour interroger les réalités contemporaines de la société congolaise et les trajectoires individuelles qui s’y dessinent. L’accueil réservé lors du vernissage laisse entrevoir un intérêt croissant pour cette œuvre qui s’inscrit déjà dans le débat culturel et littéraire à Kinshasa.
Mathieu Kayemba
RDC : « Destins croisés », un premier roman qui marque l’entrée de Clément Dibwe dans le paysage littéraire







