L’opposante congolaise Bernadette Tokwaulu Aena a vivement réagi aux récents événements survenus lors de la marche de l’opposition du 12 juin à Kinshasa.
Dans une déclaration à forte charge politique ce 13 juin 2026, elle s’est interrogée sur la portée réelle des accords conclus entre la République démocratique du Congo et les États-Unis autour des minerais stratégiques et de la coopération sécuritaire.
S’adressant directement au président américain Donald Trump, Bernadette Tokwaulu a posé une question qu’elle juge fondamentale : « Les accords minerais contre sécurité signés à Washington sont-ils une autorisation donnée à Félix Tshisekedi de tuer les opposants afin de se maintenir au pouvoir ? ».
Cette sortie intervient dans un contexte de tensions politiques accrues après les incidents enregistrés lors du sit-in de l’opposition du 12 juin, au cours duquel plusieurs responsables de l’opposition ont dénoncé une répression policière et des violences visant les manifestants.
L’ancienne candidate à la présidence estime que les ressources minières de la RDC ne peuvent être considérées comme une monnaie d’échange politique. « Les minerais critiques appartiennent à la terre de nos ancêtres. Ils appartiennent au peuple congolais et non à un individu ou à un régime », soutient-elle.
Cette position s’inscrit dans la continuité de ses précédentes critiques contre les accords conclus à Washington, qu’elle considère comme insuffisants pour ramener la paix et la stabilité dans le pays.
Pour Bernadette Tokwaulu, la priorité devrait être la mise en place d’un dialogue inclusif sous l’égide des confessions religieuses, notamment la Conférence Épiscopale Nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo. Elle plaide pour des discussions réunissant les différentes forces politiques et sociales du pays afin de trouver une issue consensuelle à la crise politique et sécuritaire.
« Nous méritons de vivre. Nous voulons un dialogue inclusif pour sauver le Congo et permettre une alternance démocratique », affirme-t-elle, dénonçant ce qu’elle qualifie de restrictions croissantes de l’espace démocratique et des libertés publiques.
Cette revendication rejoint ses précédents appels en faveur d’un dialogue national inclusif comme voie de sortie de crise.
Du côté des autorités congolaises, aucune réaction officielle n’avait été enregistrée concernant ces nouvelles déclarations au moment de la publication de cet article. Le gouvernement a régulièrement rejeté les accusations de dérive autoritaire formulées par une partie de l’opposition et affirme agir dans le respect des lois de la République.
Alors que le débat sur les accords de Washington et l’avenir politique du pays continue de diviser la classe politique congolaise, les propos de Bernadette Tokwaulu illustrent la persistance des tensions entre le pouvoir et une frange de l’opposition qui réclame l’ouverture rapide d’un dialogue politique national.
CJ






