Interpellé sur la situation de la capitale congolaise, marquée par l’insalubrité persistante, les embouteillages chroniques et les difficultés de mobilité urbaine, le Président de la République a apporté une série d’explications et de réponses lors d’un échange avec la presse et des internautes.
À la question de savoir si les difficultés observées dans la gestion des déchets ménagers relèvent davantage des hommes ou des textes, le Chef de l’État a élargi le débat en inscrivant le problème dans une perspective structurelle et historique de la ville de Kinshasa.
Abordant également une question citoyenne relayée sur les réseaux sociaux, concernant la vision qu’il a lorsqu’il observe des milliers de Kinois contraints de se déplacer à pied lors de ses déplacements officiels, le Président a d’abord tenu à relativiser :
« Je suis heureux de saluer mes compatriotes Kinois », a-t-il répondu, avant de reconnaître que cette situation renvoie surtout aux difficultés de transport urbain, particulièrement aggravées en période de pluie et d’inondations.
Selon lui, les problèmes actuels de mobilité ne sont pas nouveaux et trouvent leur origine dans une urbanisation insuffisamment planifiée. Il a rappelé que Kinshasa est passée en quelques décennies d’une ville de moins d’un million d’habitants à une mégalopole de plusieurs millions, sans accompagnement adéquat en infrastructures et en politique urbaine.
« C’est une ville qui a été laissée sans véritable politique d’urbanisation », a-t-il souligné, évoquant les embouteillages, l’indiscipline routière et les difficultés de circulation comme conséquences directes de cette croissance rapide.
Face à ce constat, le Président a évoqué les solutions envisagées par les autorités, notamment l’extension de la ville et la mise en place de nouvelles stratégies de gestion urbaine. Il a également rappelé des mesures déjà testées, comme la régulation alternée de la circulation, tout en reconnaissant que l’expérience n’a pas produit les résultats attendus.
Sur le plan de la régulation du trafic, il a annoncé le renforcement progressif des effectifs d’agents de circulation afin de fluidifier les principaux carrefours de la capitale, souvent identifiés comme des points de congestion majeurs.
S’agissant de l’insalubrité, le Chef de l’État s’est montré particulièrement préoccupé. Il a indiqué suivre personnellement la situation en échange régulier avec les autorités urbaines, notamment le gouverneur de la ville. Une réunion de travail serait d’ailleurs prévue afin d’évaluer les contrats en cours avec les partenaires chargés de la gestion des déchets, leur efficacité et leurs objectifs à court terme.
Le Président a également évoqué des discussions en cours avec de nouveaux partenaires susceptibles d’intervenir dans la collecte, le traitement et le recyclage des déchets, dans une logique incluant des retombées économiques.
Reconnaissant la gravité de la situation, il a affirmé ne pas rester indifférent à l’image de la capitale :
« Lorsque je passe dans la ville de Kinshasa, ou lorsque je reçois des homologues dont les villes sont plus propres et plus organisées, je ressens une gêne », a-t-il confié.
Tout en admettant les insuffisances actuelles, le Président a insisté sur la nécessité de temps et de continuité dans l’action publique, estimant que les problèmes de la ville sont le résultat d’un long cumul de désorganisation urbaine.
Il a conclu en réaffirmant que des efforts sont en cours, même si les résultats ne peuvent être immédiats.
Caroline kaja







