L’examen de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo suscite une vive levée de boucliers au sein de l’opposition politique, qui y voit bien plus qu’un simple encadrement juridique du mécanisme référendaire.
Pour plusieurs figures de l’opposition, ce texte porté par Paul-Gaspard Ngondankoy constituerait une porte ouverte à une remise en cause de l’ordre constitutionnel actuel.
L’opposant Delly Sessanga figure parmi les voix les plus critiques. Il dénonce une initiative qu’il considère comme une tentative de contourner les garde-fous constitutionnels.
« Aujourd’hui, le Parlement ouvre une marche noire contre la démocratie », a-t-il déclaré, estimant que cette proposition pourrait servir de base à une procédure parallèle de révision constitutionnelle.
L’opposition redoute que derrière l’argument d’un simple encadrement légal du référendum se cache une volonté politique plus large : celle de créer les conditions d’une refonte institutionnelle favorable à la majorité au pouvoir.
Plusieurs acteurs politiques estiment que certaines notions contenues dans le texte seraient suffisamment larges pour permettre des interprétations susceptibles d’affecter l’équilibre institutionnel actuel.
Pour l’opposition, le véritable enjeu n’est donc pas l’organisation technique du référendum, mais le risque d’une utilisation politique de cet outil constitutionnel.
Cette crainte alimente des soupçons autour d’une éventuelle révision des dispositions jugées verrouillées par la Constitution, notamment celles relatives à l’exercice du pouvoir présidentiel.
Face à cette situation, l’opposition appelle à la vigilance citoyenne et politique.
Elle insiste sur la nécessité de préserver strictement l’ordre constitutionnel et avertit contre toute initiative qui pourrait, selon elle, fragiliser les acquis démocratiques obtenus depuis l’adoption de la Constitution de 2006.
Alors que le texte est examiné à l’Assemblée nationale, la bataille autour de cette proposition dépasse désormais le cadre parlementaire pour s’installer au cœur du débat politique national.
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