La République démocratique du Congo occupe la 130e place sur 180 pays dans l’édition 2026 du Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Une progression de trois rangs par rapport à 2025, qui pourrait laisser croire à une amélioration de la situation des médias dans le pays.
Mais derrière cette avancée statistique, la réalité sur le terrain demeure préoccupante. Reporters sans frontières souligne que cette progression s’inscrit dans un contexte global de recul de la liberté de la presse dans une centaine de pays, ce qui relativise la performance congolaise.
Dans la région des Grands Lacs, la RDC reste l’un des pays où les journalistes sont régulièrement confrontés à des arrestations et à des détentions. Aux côtés du Burundi et du Rwanda, le pays figure parmi les zones où les pressions sur les professionnels des médias persistent.
L’Est du territoire national continue de concentrer l’essentiel des violations. Depuis la prise de Goma par les rebelles de l’AFC/M23 en janvier 2025, la situation s’est nettement détériorée. Fermetures de radios communautaires, restrictions d’accès à l’information et intimidations sont régulièrement signalées.
Plus inquiétant encore, des cas de séquestration de journalistes ont été documentés, certains étant détenus dans des conteneurs métalliques installés dans l’enceinte d’institutions publiques locales. Des pratiques qui illustrent un climat de peur et d’insécurité pour les acteurs de la presse.
Ce contraste entre progression au classement et dégradation sur le terrain met en lumière les défis structurels auxquels la RDC continue de faire face.
Malgré les engagements en faveur de la liberté d’expression, les conditions d’exercice du métier de journaliste restent fragiles, en particulier dans les zones affectées par les conflits armés.
Ainsi, si les chiffres traduisent une embellie relative, ils peinent encore à refléter une amélioration concrète et durable de la liberté de la presse en République démocratique du Congo.
Josué Lelo







