L’opposant politique Delly Sessanga est monté au créneau ce jeudi 30 avril pour dénoncer avec fermeté l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration au ton particulièrement critique, il estime que cette initiative parlementaire ouvre la voie à ce qu’il qualifie de « dérive grave » contre l’ordre constitutionnel établi.
« Aujourd’hui, le Parlement ouvre une marche noire contre la démocratie. Le plan d’exécution de notre démocratie et de la liquidation de nos institutions est en marche », a-t-il déclaré.
Pour le président du parti Envol, la proposition portée par Paul Ngondankoy cacherait une volonté de contourner les dispositions constitutionnelles en vigueur à travers une procédure qu’il considère comme parallèle à la révision constitutionnelle classique.
Selon lui, le texte contiendrait des notions imprécises et un champ d’application suffisamment extensible pour permettre, à terme, une refonte institutionnelle favorable à la majorité au pouvoir.
Delly Sessanga va plus loin en évoquant ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel », affirmant que cette démarche viserait à préparer le terrain à un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi, une hypothèse régulièrement rejetée par les autorités congolaises.
Face à ce qu’il considère comme une menace pour l’État de droit, l’opposant appelle à une mobilisation générale.
« La démocratie ne se négocie pas. Elle se défend. J’appelle tous les démocrates à l’union pour protéger l’État de droit et l’ordre constitutionnel, le dernier bien qui nous reste », a-t-il insisté.
Cette sortie intervient alors que l’Assemblée nationale examine ce jeudi plusieurs textes, dont la proposition de loi sur l’organisation du référendum, un dossier qui suscite déjà de vives tensions au sein de la classe politique congolaise.







