Le gouvernement rwandais a rejeté toute responsabilité dans les combats en cours dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), affirmant que les violations du cessez-le-feu issu des Accords de Washington seraient le fait des armées congolaise (FARDC) et burundaise (FDNB), appuyées par plusieurs groupes armés alliés.
Selon Kigali, les forces congolaises et burundaises mèneraient des bombardements réguliers dans des zones civiles proches de la frontière rwandaise, à l’aide d’avions de chasse et de drones. Le Rwanda accuse en outre cette coalition d’intégrer des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de milices génocidaires par Kigali, ainsi que des groupes d’autodéfense Wazalendo et des mercenaires étrangers.
De son côté, le mouvement armé AFC/M23, actif dans l’Est congolais, affirme qu’il ne ferait que répondre à ces offensives.
Afflux de réfugiés vers le Rwanda
À la suite de bombardements la semaine précédente dans la région de Kamanyola, à la frontière burundo-congolaise, Kigali indique qu’environ 1 000 citoyens congolais ont fui vers le Rwanda. Ces réfugiés ont été accueillis au centre de transit de Nyarushishi, dans le district de Bugarama, au sud du pays.
Le Rwanda affirme également que près de 20 000 soldats burundais seraient actuellement déployés dans le Sud-Kivu pour soutenir les opérations de la RDC. Certains de ces contingents auraient encerclé des villages banyamulenge à Minembwe, une situation qui, selon Kigali, risquerait de provoquer une crise humanitaire.
La RDC dit poursuivre les combats
Les autorités rwandaises soulignent que Kinshasa a annoncé publiquement son intention de reprendre les territoires contrôlés par l’AFC/M23, malgré le processus de paix en cours. Selon Kigali, ces opérations militaires auraient été préparées depuis plusieurs mois.
Le Rwanda reproche également à la RDC de ne pas avoir procédé à la neutralisation des FDLR, une obligation figurant dans l’Accord de paix signé en juin 2025. Ce manquement, selon Kigali, continuerait de bloquer les efforts pour stabiliser l’Est de la RDC, objectif central des Accords de Washington signés début décembre.
Un processus de paix fragilisé
Pour Kigali, les récents affrontements constituent une remise en cause directe des engagements pris lors des négociations internationales. Les autorités rwandaises estiment que ces violations compromettent la stabilité régionale et aggravent la situation humanitaire dans l’Est de la RDC.
Le Rwanda appelle à un retour rapide au respect intégral des Accords de Washington et à la finalisation des annexes de l’Accord de Doha, qui encadrent les discussions entre la RDC et l’AFC/M23. Selon Kigali, seule la poursuite de ces processus peut offrir une perspective durable de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs.
Joël Tshim’s







