La tension monte au Palais du peuple. À la veille de l’élection du Rapporteur adjoint du Bureau de l’Assemblée nationale, le député national Gratien Iracan (Ituri) dénonce une “violation flagrante du droit parlementaire”.
Selon lui, une commission technique illégale aurait écarté plusieurs candidatures de l’opposition pour n’en retenir qu’une seule — une manœuvre qu’il qualifie de “coup de force institutionnel”.
Une procédure “fabriquée” en dehors du règlement
Alors que la campagne électorale devait s’ouvrir ce mardi matin, aucune décision officielle du Bureau n’a été rendue publique. Mais dans les couloirs du Parlement, une commission technique non prévue par le Règlement intérieur aurait déjà tranché : un seul candidat d’opposition validé.
De quoi provoquer la colère du député Iracan.
« Une commission technique non réglementaire s’est arrogé le pouvoir d’écarter des candidats au poste de Rapporteur adjoint, en violation flagrante de la Décision du Bureau du 4 novembre 2025 et de l’article 28 du Règlement intérieur », a-t-il martelé devant la presse parlementaire.
Une opposition sans structure… instrumentalisée ?
Le député de Bunia rappelle que la Loi du 4 décembre 2007 sur le statut de l’opposition précise que cette dernière n’est pas encore juridiquement structurée :
« Nul ne peut prétendre agir au nom de l’opposition, puisqu’elle n’a ni règlement intérieur ni porte-parole officiel. »
Pour Iracan, cette “sélection forcée” trahit une volonté de confisquer la représentativité de l’opposition, au mépris de la pluralité politique garantie par la Constitution.
Un précédent ignoré, une jurisprudence piétinée
L’élu cite en exemple l’élection de 2024, où deux candidats issus de l’opposition avaient librement concouru pour le même poste sans restriction ni filtrage du Bureau.
Il s’appuie également sur l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 15 janvier 2021, qui consacre la liberté individuelle du mandat parlementaire : aucun organe politique ne peut imposer un choix aux députés.
« Le Bureau de l’Assemblée doit se garder de retenir un seul candidat. Aucun consensus n’a été trouvé : chaque député a le droit de se présenter librement », a insisté Iracan.
Un avertissement politique
Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu à l’Assemblée, où plusieurs voix dénoncent une mainmise progressive de l’exécutif sur les équilibres internes du Parlement.
Pour de nombreux observateurs, si le Bureau confirme un seul candidat, la crise de légitimité pourrait s’ouvrir — avec des répercussions politiques directes sur la cohésion de l’opposition.
Gratien Iracan, connu pour ses prises de position tranchées, lance ainsi un avertissement :
“Le respect du Règlement intérieur n’est pas une option. C’est la base même de la démocratie parlementaire.”
Joël Tshim’s







