À Bruxelles : « Tshisekedi n’a réussi qu’à transformer la RDC en une femme pleureuse ” (Prince Epenge)

Le discours du président congolais Félix Tshisekedi, prononcé mercredi à Bruxelles lors du Global Gateway Forum en présence de son homologue rwandais Paul Kagame, a déclenché une vague de réactions en République démocratique du Congo. En appelant à une “paix des braves” avec le Rwanda, le chef de l’État a surpris une partie de la classe politique et de l’opinion publique.

Cette main tendue envers Kigali intervient dans un contexte tendu, alors que les violences persistent dans l’est du pays et que Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir la rébellion du M23.

Pour certains observateurs, le président congolais cherche à ouvrir un nouveau chapitre diplomatique avec son voisin. Mais pour l’opposition, cette initiative frôle la capitulation politique.

L’opposition fustige un revirement “inacceptable”

La coalition Lamuka et le mouvement ADD Congo ont exprimé leur profonde désapprobation face à ce qu’ils qualifient de “revirement politique majeur”. Dans une déclaration publiée jeudi 10 octobre, leur porte-parole, Prince Epenge, a dénoncé avec virulence la démarche du chef de l’État :

“Félix Tshisekedi propose la paix au pyromane d’hier, tout en se montrant inflexible face à ses compatriotes”, a-t-il déclaré.

“Félix n’a réussi qu’à transformer la RDC en une femme pleureuse. Le Congo a touché le fond, nous ne pouvons que remonter.”

Les deux plateformes politiques appellent le président à rentrer de toute urgence au pays afin d’ouvrir un dialogue national inclusif entre Congolais. Elles estiment que seule une réconciliation interne permettra de restaurer la cohésion nationale et de faire face efficacement à la crise sécuritaire qui déchire l’est du pays.

Une main tendue à Kigali qui divise

Le discours de Bruxelles s’inscrivait dans le cadre du forum économique européen Global Gateway, consacré au renforcement des partenariats entre l’Union européenne et l’Afrique. En prônant une “paix des braves”, Félix Tshisekedi a voulu donner l’image d’un dirigeant prêt à dépasser les antagonismes régionaux pour favoriser la stabilité.

Mais cette démarche divise profondément. Pour une partie de la population congolaise, la présence côte à côte de Tshisekedi et Kagame reste difficile à accepter, au regard du lourd passif entre les deux pays.

D’autres saluent, au contraire, un acte de courage diplomatique, susceptible d’ouvrir la voie à une détente régionale après des années de méfiance et de conflit latent.

Entre ouverture diplomatique et incompréhension politique, le pari de la “paix des braves” apparaît aujourd’hui comme l’un des gestes les plus audacieux et les plus controversés du mandat de Félix Tshisekedi.

 

Joël Tshim’s

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