RDC : la masse salariale, une bombe pour les finances publiques

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La gestion des dépenses de personnel en République démocratique du Congo demeure une source d’inquiétude majeure. Dans une analyse récente, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) révèle une hausse soutenue de la masse salariale, accompagnée de dépassements budgétaires récurrents et de graves dysfonctionnements administratifs.

Entre 2021 et 2025, l’État congolais a dépensé près de 18,9 milliards USD pour rémunérer ses agents, soit près de 2 milliards de plus que les prévisions initiales. Sur la même période, ces dépenses ont grimpé de 2,75 à 4,58 milliards USD, sans augmentation significative des effectifs.

Le rapport souligne que la masse salariale représente en moyenne 43 % des recettes internes, dépassant largement le seuil de 35 % recommandé. Cette situation réduit les capacités d’investissement de l’État et accentue les pressions sur le budget.

Par ailleurs, les dépassements des crédits votés sont devenus systématiques, en contradiction avec la loi sur les finances publiques. Entre 2021 et 2024, ces excès ont atteint plus de 1,8 milliard USD, principalement au niveau des ministères.

Plus préoccupant encore, le système de paie reste entaché de nombreuses irrégularités. Des audits récents ont mis en évidence des centaines de milliers d’agents fictifs ou en situation irrégulière, causant des pertes estimées à près de 889 millions USD entre 2019 et 2023.

Malgré les réformes engagées, notamment la bancarisation des salaires, les failles persistent. Le FMI considère désormais la masse salariale comme un risque budgétaire majeur pour le pays.

Face à ces dérives, le CREFDL recommande un assainissement urgent du fichier de paie, une meilleure maîtrise des recrutements et le respect strict des plafonds budgétaires. L’audit annoncé par le gouvernement en 2026 est attendu comme un test décisif pour restaurer la crédibilité des finances publiques.

Loule Kitoko

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