Le président de l’UDA Originelle, Claudel Lubaya, estime que le dialogue politique annoncé le 17 juillet dernier ne pourra produire des résultats que s’il est véritablement inclusif et organisé sur des bases consensuelles. Dans une déclaration intitulée « Le dialogue à l’épreuve de la légitimité », l’opposant remet en cause la manière dont le processus est envisagé et questionne le rôle du président Félix Tshisekedi.
« Un dialogue qui exclut certaines composantes de la vie politique manque, dès l’origine, d’assise. Loin d’être un arbitre neutre, Félix Tshisekedi est lui-même au cœur de la crise que ce dialogue est censé résoudre », a déclaré Claudel Lubaya.
Selon lui, le débat sur la légitimité du chef de l’État demeure l’un des principaux facteurs de la crise politique actuelle.
« Personne n’est dupe et personne n’ignore que la nature ne l’a jamais gratifié d’une moindre victoire électorale, ni en 2018 ni en 2023. Ce péché originel, qu’il s’est toujours montré peu enclin à assumer publiquement chaque fois qu’il est évoqué, questionne la légitimité politique de son pouvoir. Ce qui fait de lui un président de fait », a-t-il poursuivi.
L’opposant reconnaît que Félix Tshisekedi exerce les prérogatives de chef de l’État et bénéficie de la reconnaissance internationale attachée à cette fonction, mais estime que la contestation de son accession et de son maintien au pouvoir reste au centre des tensions politiques.
« Sur le plan interne, le débat sur les conditions de son accession et de son maintien au pouvoir demeure l’un des principaux facteurs de la crise politique actuelle. C’est précisément cette contestation persistante qui explique pourquoi il est lui-même l’épicentre de la crise », a ajouté Claudel Lubaya.
Pour le président de l’UDA Originelle, cette situation empêche le chef de l’État de définir seul les modalités du futur dialogue.
« Dès lors, il ne peut, à lui seul, définir les contours du dialogue, sélectionner les participants, fixer les règles du jeu ou arrêter l’ordre du jour. Le dialogue voulu par tous ne peut naître d’une volonté unilatérale », a-t-il affirmé.
Claudel Lubaya soutient qu’un dialogue crédible doit s’appuyer sur des principes reconnus dans les processus de sortie de crise.
« Aucun dialogue ne peut produire des résultats durables s’il ne repose sur trois exigences fondamentales : un cadre négocié et accepté par l’ensemble des parties, une facilitation indépendante et impartiale, ainsi que des garanties mutuellement convenues quant au déroulement du processus et à la mise en œuvre de ses conclusions. Ces principes constituent le socle même de la confiance indispensable à toute négociation politique », a-t-il expliqué.
En conclusion, l’opposant avertit qu’un dialogue organisé sans ces préalables risquerait de manquer son objectif.
« À défaut de ces préalables, le dialogue perd sa substance et sa crédibilité. Il cesse d’être un instrument de résolution de crise pour devenir un simple exercice de communication politique, destiné à donner une apparence de consensus à des décisions déjà arrêtées. Au lieu de traiter les causes profondes de la crise, il risque de n’avoir d’autre fonction que de conforter le statu quo », a conclu Claudel Lubaya.







