La Convention des Congolais unis (CCU), parti de Lambert Mende, est confrontée à une série de départs sur fond de contestation autour de la nouvelle orientation politique de son leader. Plusieurs cadres et membres de la Ligue des jeunes auraient déjà pris leurs distances avec la formation, après les récentes prises de position de l’ancien ministre de Joseph Kabila.
Le départ le plus marquant est celui d’Alfred Mote. Après plus de vingt ans passés aux côtés de Lambert Mende, le secrétaire national annonce sa démission de la CCU et rompt publiquement avec son ancien mentor.
Dans une tribune intitulée « La girouette et la République : ce que le cas Mende nous enseigne sur notre politique », Alfred Mote revient sur la trajectoire politique de Lambert Mende et critique son changement de position à l’égard de Joseph Kabila.
Il reproche notamment à l’ancien porte-parole du gouvernement de se présenter aujourd’hui comme ayant été « manipulé » par l’ancien président, alors qu’il a longtemps défendu avec force le régime Kabila.
« Je ne reconnais plus mon chef », écrit Alfred Mote, qui rappelle avoir accompagné Lambert Mende durant plus de deux décennies et avoir récemment été nommé directeur de cabinet au ministère des Relations avec le Parlement sur proposition de ce dernier.
Pour le secrétaire national démissionnaire, le changement de Lambert Mende ne constitue pas une simple évolution politique. Il dénonce une « conversion utile », opérée au moment où le camp de Joseph Kabila s’est affaibli.
« On ne fustige pas un homme d’avoir changé d’avis, mais d’avoir changé d’avis exactement quand son intérêt le commandait », soutient-il.
Alfred Mote affirme également que plusieurs cadres et membres de la Ligue des jeunes ont quitté la CCU. Il dénonce un parti qui, selon lui, se vide progressivement face aux divergences et au malaise provoqués par la nouvelle orientation de son autorité morale.
Malgré sa démission, Alfred Mote assure ne pas abandonner la politique. « Je ne quitte pas le combat, je quitte un homme et une méthode », affirme-t-il.
Il annonce la poursuite de son engagement politique sous une nouvelle bannière et dit vouloir continuer à soutenir les actions qu’il juge positives dans la gouvernance de Félix Tshisekedi.
Le départ d’Alfred Mote intervient ainsi dans un contexte de turbulences à la CCU, où le reniement de Joseph Kabila par certains anciens défenseurs du régime continue de susciter des réactions.







