RDC : Le LGD suspend sa participation aux plénières sur le référendum et dénonce une « dérive constitutionnelle»

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Le parti politique Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) a annoncé ce mardi 9 juin dans un communiqué la suspension de sa participation aux séances plénières de l’Assemblée nationale consacrées à l’examen de la proposition de loi sur l’organisation du référendum. Cette décision marque une nouvelle étape dans la contestation de l’initiative législative qui alimente depuis plusieurs semaines les tensions politiques autour de la Constitution congolaise.

Prenant la parole au nom du LGD, le député national Me Émile Asani a justifié cette position par ce qu’il qualifie de « dérive » et de « détournement du processus constitutionnel ». Selon lui, l’examen de cette proposition de loi ne peut être dissocié du débat plus large sur une éventuelle révision de la Constitution, un sujet qui suscite de vives inquiétudes au sein d’une partie de l’opposition et de la société civile.

« Nous refusons de cautionner un processus qui s’écarte de l’esprit et de la lettre de la Constitution », a déclaré le député, estimant que les conditions politiques et sécuritaires actuelles ne permettent pas d’engager sereinement un débat aussi fondamental pour l’avenir du pays.

La décision du LGD intervient dans un contexte où plusieurs forces de l’opposition dénoncent une initiative susceptible d’ouvrir la voie à des modifications constitutionnelles controversées. À l’Assemblée nationale, le texte porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy vise officiellement à doter la République démocratique du Congo d’un cadre juridique spécifique pour l’organisation des référendums, un mécanisme prévu par la Constitution mais dont les modalités restent insuffisamment encadrées par la législation actuelle.

Toutefois, pour les opposants, cette démarche ne serait pas uniquement technique. Plusieurs responsables politiques y voient une étape préalable à une révision constitutionnelle susceptible de modifier certains équilibres institutionnels. C’est notamment pour cette raison que des élus de l’opposition avaient déjà quitté l’hémicycle lors du lancement des débats sur cette proposition de loi. Le LGD affirme ainsi vouloir envoyer un signal politique fort en suspendant sa participation aux travaux concernés. Pour Me Émile Asani, cette position est « assumée sans ambiguïté » et vise à défendre les principes constitutionnels ainsi que le respect de la souveraineté populaire dans le cadre fixé par la Constitution de 2006.

Du côté de la majorité parlementaire, les défenseurs du texte soutiennent au contraire qu’il s’agit simplement de combler un vide juridique et de permettre l’exercice direct de la souveraineté populaire à travers le référendum, conformément aux dispositions constitutionnelles. Alors que le débat se poursuit au Parlement, la suspension du LGD illustre l’ampleur des divergences politiques autour de la question référendaire, devenue l’un des principaux sujets de confrontation entre majorité et opposition en RDC.

Rose Makengo

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