La réforme de la gestion salariale de l’État franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu, ce vendredi, le rapport à mi-parcours de l’audit de la paie des agents et fonctionnaires publics conduit par l’Inspection générale des finances (IGF).
Cette mission, qui porte sur l’une des plus importantes charges du budget national, vise à évaluer le système de rémunération de l’administration publique, à renforcer la transparence dans la gestion des deniers publics et à détecter d’éventuelles irrégularités.
Selon les conclusions préliminaires présentées au gouvernement, la première phase de l’audit est désormais achevée. Elle a consisté à examiner les états liquidatifs de la paie afin d’identifier les incohérences et les écarts susceptibles d’affecter la fiabilité du système de rémunération des agents de l’État.
L’opération entre à présent dans une nouvelle étape. Dès lundi, les inspecteurs des finances entameront des missions de vérification sur le terrain dans plusieurs administrations et services publics. Ces contrôles permettront de confronter les données analysées aux réalités observées et de clarifier les anomalies relevées lors de la phase documentaire.
Parmi les principales recommandations formulées par l’IGF figure la mise en place d’un système unifié et entièrement digitalisé de gestion de la paie. L’institution estime qu’une plateforme unique permettrait d’améliorer le suivi des rémunérations, de renforcer les mécanismes de contrôle et d’accroître la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
L’audit révèle également que la masse salariale de l’État a enregistré une progression régulière entre 2023 et 2026, alors même qu’aucune augmentation significative des effectifs de la fonction publique n’a été constatée durant cette période. Une situation qui justifie, selon l’IGF, la poursuite des investigations afin d’en déterminer les causes exactes.
Au-delà du diagnostic, cette mission a pour ambition de proposer des mesures correctives destinées à moderniser la gestion des ressources humaines de l’État et à améliorer la gouvernance financière de l’administration publique.
À l’issue de son audience avec la cheffe du gouvernement, le chef de service de l’IGF, Christophe Bisimwa, a fait le point sur l’évolution des travaux, soulignant que les résultats définitifs pourraient ouvrir la voie à des réformes majeures dans le système de paie des agents publics en RDC.
Loule Kitoko







