Au terme d’une marche organisée par la Coalition Citoyenne pour la Nation (CCN), ce vendredi 5 juin à Kinshasa, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia a lancé un appel direct au président de la République, Félix Tshisekedi, en faveur de la convocation rapide d’un référendum sur la révision de la Constitution. Présentée comme une démonstration de force du camp favorable à la réforme constitutionnelle, la manifestation a toutefois été marquée par des difficultés d’organisation et une participation jugée inférieure aux attentes.
Annoncée depuis plusieurs semaines par la CCN et l’Église de Réveil du Congo (ERC), cette marche citoyenne visait à soutenir le projet de réforme constitutionnelle. Le parcours devait initialement s’achever au Palais du Peuple, où un message officiel devait être lu aux participants. Selon les organisateurs, un changement de dernière minute les a contraints à déplacer le point de chute vers le terrain annexe du Stade des Martyrs. Ils affirment que l’ensemble du dispositif logistique, notamment la sonorisation, les instruments et les autres installations, était déjà en place au Palais du Peuple lorsque cette décision est intervenue.
Cette modification aurait provoqué une certaine confusion parmi les manifestants et contribué à la dispersion d’une partie du cortège. Dans son intervention, prononcée d’abord en lingala puis reprise en français, l’archevêque Yamapia a réitéré son soutien à une refonte de la Constitution de 2006. Il a exhorté le chef de l’État à engager rapidement le processus référendaire afin de permettre à la population de se prononcer directement sur l’avenir institutionnel du pays.
Cette position s’inscrit dans une campagne menée depuis plusieurs semaines par l’ERC et la CCN en faveur d’un changement constitutionnel, présenté comme une réponse aux défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels la RDC est confrontée.
Des membres de l’organisation ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une tentative de sabotage de l’événement. « Ils ont vu une si grande foule au niveau de Sendwe et du boulevard Lumumba, à Limete, qu’ils ont préféré saboter l’événement », a déclaré un organisateur. Cette affirmation n’a toutefois été corroborée par aucune source officielle indépendante.
La marche intervient dans un contexte de profondes divergences autour de la question constitutionnelle en RDC. Alors que les partisans du changement réclament une nouvelle Constitution ou l’organisation d’un référendum populaire, plusieurs acteurs politiques, religieux et de la société civile continuent de s’opposer à toute modification de la loi fondamentale actuelle.
Malgré les ambitions affichées par ses promoteurs, la manifestation de ce vendredi met en lumière les difficultés du camp favorable à la réforme à transformer son plaidoyer en une démonstration populaire incontestable, alors que le débat sur l’avenir de la Constitution demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise.
Rose M.







