À contre-courant de la dynamique enclenchée autour de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, le député national Cizungu Ntaboba Landry a formalisé, mardi 14 avril, son retrait de cette initiative, invoquant un manquement aux exigences de discipline interne de sa formation politique.
Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, l’élu justifie sa décision par l’absence de validation préalable de sa hiérarchie politique. Il reconnaît ainsi ne pas avoir sollicité le quitus de sa famille politique avant d’adhérer à la démarche, un manquement qu’il corrige désormais en se désengageant formellement.
Au-delà de ce retrait, le député a tenu à réaffirmer son ancrage au sein de la majorité présidentielle. Il a ainsi renouvelé son engagement envers l’Union sacrée de la Nation (USN), tout en exprimant sa fidélité à l’autorité morale de son parti, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), dirigée par Modeste Bahati Lukwebo.
Ce désengagement intervient alors que la motion de défiance, portée par le député Laddy Yangotikala, continue de faire débat au sein de l’hémicycle. Son initiateur affirme avoir déjà recueilli 56 signatures en soutien à cette démarche, seuil encore insuffisant pour garantir son aboutissement, mais révélateur d’un malaise persistant.
Parmi les griefs formulés contre Jacquemain Shabani figurent notamment des critiques liées à la gestion de la sécurité intérieure, dans un contexte marqué par une recrudescence de la criminalité, aussi bien à Kinshasa que dans d’autres centres urbains du pays. Toutefois, ces accusations sont loin de faire consensus. Plusieurs acteurs politiques et députés nationaux contestent la pertinence de la motion et appellent à son retrait, estimant qu’elle pourrait fragiliser davantage la cohésion de la majorité.
Ce premier retrait pose ainsi la question de la solidité de cette initiative parlementaire et de sa capacité à fédérer durablement au-delà des clivages internes, dans un environnement politique où les calculs d’alliances et les impératifs de discipline partisane demeurent prépondérants.
Mathieu Kayemba







