Le débat autour de la gouvernance de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) prend une nouvelle tournure. Réuni à Brazzaville, le Consortium panafricain pour la paix (CPP) a exprimé son opposition ferme à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de l’institution.
Lors d’un point de presse, cette organisation non gouvernementale, qui regroupe des représentants de plus de quinze pays africains, a fait entendre une voix critique quant à la reconduction de l’actuelle dirigeante. Pour le coordonnateur général du CPP, le Dr Ernest Nunga, la Francophonie ne devrait pas être dirigée par un pays où le français ne constitue plus la langue dominante.
« Il est difficilement compréhensible qu’une organisation dédiée à la promotion de la langue française soit conduite par un État où l’usage de cette langue est en recul au profit de l’anglais », a-t-il déclaré, établissant une comparaison avec le Commonwealth, traditionnellement dirigé par des pays anglophones.
Au-delà de la question linguistique, le CPP évoque également un contexte géopolitique sensible. L’organisation souligne que certaines prises de position internationales, notamment celles des Nations unies et de l’Union européenne, ont pointé du doigt le rôle du Rwanda dans l’instabilité persistante à l’est de la République démocratique du Congo. Pour ses responsables, cette situation jette un doute sur l’opportunité de voir Kigali continuer à diriger une institution censée promouvoir la paix, les droits humains et la coopération.
Dans cette optique, le consortium indique avoir saisi le président français afin de lui faire part de ses préoccupations. Il appelle également les États membres de l’OIF à reconsidérer cette candidature et à favoriser l’émergence de profils issus de pays où la tradition francophone est davantage enracinée.
À travers cette sortie médiatique, le CPP entend peser dans le débat et encourager une réflexion plus large sur l’avenir et l’orientation stratégique de la Francophonie, à un moment où l’organisation est appelée à redéfinir son rôle sur la scène internationale.
Loule Kitoko






