À l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux entre le Président de la République et le corps diplomatique, tenue ce samedi à Kinshasa, le Chef de l’État a dressé un large tableau de la situation politique, sécuritaire et diplomatique de la République démocratique du Congo. Parmi les sujets abordés, la question du dialogue intercongolais a particulièrement retenu l’attention et suscité des réactions au sein de la classe politique.
L’acteur politique congolais Emery Okundji s’est montré critique vis-à-vis de la position exprimée par le Président de la République sur ce dossier sensible. Selon lui, le discours présidentiel laisse transparaître une certaine contradiction. D’un côté, le Chef de l’État affirme que, si un dialogue devait avoir lieu, celui-ci se tiendrait sur le sol national, serait conduit par les institutions de la République et encadré par la Constitution, les lois du pays ainsi que les principes démocratiques. De l’autre, il conditionne ce dialogue en excluant toute discussion avec les acteurs impliqués dans des crimes contre les populations.
Pour Emery Okundji, cette posture crée une confusion préjudiciable à la recherche de la cohésion nationale. « On a l’impression que le Président veut à la fois une chose et son contraire », estime-t-il, soulignant que les conditions avancées risquent de ne pas rassurer l’ensemble des parties concernées, dans un contexte où le pays traverse une crise profonde.
L’un des principaux obstacles, selon lui, demeure la question de la confiance. Emery Okundji affirme que plusieurs acteurs clés ne font pas confiance aux institutions de la République, tant pour garantir leur sécurité sur le territoire national que pour organiser un dialogue véritablement inclusif, capable d’aborder les causes profondes de la crise congolaise. Cette méfiance expliquerait, d’après lui, le recours récurrent à des médiateurs et facilitateurs étrangers.
Dans cette perspective, Emery Okundji appelle le Président de la République à s’en remettre aux conclusions des médiateurs et facilitateurs africains engagés dans le processus. Il estime que ces derniers bénéficient d’une plus grande confiance auprès des parties prenantes et pourraient contribuer efficacement à la tenue d’un dialogue inclusif, condition essentielle à la cohésion, à la concorde nationale et à une sortie durable de la crise.
Loule Kitoko







