Kinshasa, rond-point Ngaba. À première vue, le carrefour semble avoir retrouvé un nouveau visage. Des caniveaux fraîchement bétonnés longent la chaussée, témoins récents des travaux de réhabilitation entrepris il y a quelques mois. Mais à y regarder de plus près, l’espoir d’un assainissement durable s’estompe rapidement : les ouvrages sont déjà envahis par les déchets, compromettant leur fonction première.
Plastiques, sachets d’eau, restes alimentaires et immondices de toutes sortes s’entassent dans les caniveaux. Par endroits, l’eau stagne, dégageant une odeur nauséabonde. « Quand il pleut, tout déborde. L’eau revient sur la route et dans nos maisons », témoigne Marie, vendeuse installée non loin du rond-point.
Les travaux réalisés à ce carrefour stratégique visaient pourtant à faciliter l’évacuation des eaux de pluie et à fluidifier la circulation, notamment vers l’avenue Université, l’une des principales artères du sud de la capitale. Mais l’absence d’entretien régulier et les comportements inciviques ont rapidement réduit à néant les bénéfices attendus.
Autour du rond-point, une autre réalité s’impose : la prolifération des marchés pirates. Des étals improvisés occupent trottoirs et bords de route. Les commerçants y vendent fruits, légumes et articles divers, attirant une foule constante. Résultat : les piétons se retrouvent contraints de marcher sur la chaussée, au milieu des véhicules, tandis que les déchets issus des activités commerciales finissent directement dans les caniveaux.
Sur l’avenue Université, encore en chantier, l’occupation anarchique de l’espace public complique davantage la circulation et accélère la dégradation des infrastructures récemment construites.
Pour de nombreux usagers, la réhabilitation constitue un effort louable, mais insuffisant sans un dispositif strict de gestion et de contrôle. « On ne peut pas construire aujourd’hui et abandonner demain. Il faut entretenir et sensibiliser la population », plaide un conducteur de taxi-bus.
Les riverains appellent désormais à une action concertée des autorités municipales : évacuation des marchés informels, mise en place d’un système régulier de collecte des déchets et campagnes de sensibilisation. Sans cela, préviennent-ils, les investissements consentis risquent de disparaître sous des montagnes d’ordures.
Caroline Kaja







