Le gouvernement congolais hausse le ton face à la décision du Rwanda de fermer sa frontière avec la ville de Goma, dans un contexte marqué par la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a vivement critiqué cette mesure qu’il qualifie de « geste de mauvaise foi » envers la population congolaise confrontée à une nouvelle menace sanitaire.
« Le Rwanda ne peut en aucun cas fermer la frontière. C’est un geste de mauvaise foi qui prouve que la vie des Congolais ne vaut pas », a déclaré Patrick Muyaya, dénonçant une décision qu’il estime contraire aux impératifs humanitaires et sanitaires dans la région des Grands Lacs.
Le ministre de la Communication et Médias a également lié la situation sanitaire à la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays. Selon lui, la présence des forces rwandaises et de leurs “supplétifs” de l’AFC/M23 sur le territoire congolais complique sérieusement les efforts de riposte contre l’épidémie.
Patrick Muyaya exige ainsi le retrait immédiat des éléments armés présents dans les zones affectées afin de permettre aux autorités sanitaires congolaises de travailler dans des conditions sécurisées.
« Le ministre de la Santé ainsi que le professeur Jean-Jacques Muyembe doivent pouvoir superviser efficacement la riposte contre Ebola à Goma sans pression sécuritaire ni occupation de certaines zones », a-t-il insisté.
Cette sortie intervient alors que les autorités sanitaires congolaises multiplient les mesures de surveillance et de prévention après la confirmation de nouveaux cas d’Ebola dans l’est du pays. Les équipes médicales redoutent notamment une propagation rapide du virus dans les zones densément peuplées et difficiles d’accès en raison de l’insécurité.
De son côté, Kigali justifie le renforcement des contrôles frontaliers par la nécessité de protéger sa population contre tout risque de propagation transfrontalière du virus. Mais à Kinshasa, plusieurs responsables politiques dénoncent une instrumentalisation de la crise sanitaire dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays.
La situation continue de susciter de vives inquiétudes au sein de la population de Goma, où les activités économiques et les déplacements transfrontaliers restent fortement perturbés.







