Le débat autour d’une possible révision constitutionnelle continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Dans une déclaration rendue publique ce 18 mai, l’opposant Denis Mukwege a vivement critiqué les partisans d’un éventuel changement de la Constitution, dénonçant une menace contre les principes démocratiques et l’alternance politique en RDC.
Le Prix Nobel de la Paix affirme que le second et dernier mandat du président de la République prendra fin en janvier 2029 et estime que le débat actuel autour d’une révision constitutionnelle met en danger les principes fondamentaux de la démocratie et de l’alternance politique en RDC.
Dans son message, Denis Mukwege accuse certains acteurs politiques de vouloir s’accrocher au pouvoir malgré, selon lui, un bilan « désastreux » sur les plans sécuritaire, économique et social. Il dénonce également le culte de la personnalité et le mépris de la souveraineté populaire.
« Ceux qui dénoncent une “Constitution des étrangers” sont les premiers à brader nos minerais stratégiques aux puissances étrangères en contrepartie d’une prétendue garantie de sécurité », écrit-il, en critiquant les accords sécuritaires et les discours politiques autour de la souveraineté nationale.
Mukwege rappelle aussi que plusieurs responsables politiques notamment ceux de l’Union sacrée qui s’opposaient fermement à la révision constitutionnelle il y a moins de dix ans sont aujourd’hui, selon lui, parmi les plus engagés pour modifier la même Constitution pourtant verrouillée dans certains de ses articles.
L’ancien candidat à la présidentielle évoque également le contexte sécuritaire dans l’Est du pays et répond à ceux qui estiment que les élections pourraient être reportées en raison de la guerre. Il met en garde contre tout risque de « glissement » électoral, et affirme que ces mêmes raisons pourraient également empêcher la tenue d’un référendum national permettant au souverain primaire de se prononcer sur un éventuel changement de la Loi fondamentale.
S’appuyant sur les articles 219 et 220 de la Constitution, Denis Mukwege soutient qu’aucune révision constitutionnelle ne peut intervenir en période d’état de guerre, d’urgence ou de siège, et que le nombre ainsi que la durée des mandats présidentiels ne peuvent faire l’objet d’aucune modification.
Tout en appelant à un sursaut citoyen, il exhorte les Congolais à défendre la Constitution, préserver l’unité nationale et concentrer les priorités du pays sur la restauration de la paix dans l’Est et le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Caroline kaja







