À la veille de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en République démocratique du Congo, sous la médiation du président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, l’opposant Claudel Lubaya tire la sonnette d’alarme. Dans une tribune ferme, il appelle à lever les zones d’ombre entourant ce processus, soulignant que la paix ne peut se bâtir sur des ambiguïtés institutionnelles et politiques.
Pour lui, si l’initiative angolaise suscite un espoir légitime, elle laisse en suspens des questions cruciales. « La paix durable exige un cadre clair, crédible et impartial », insiste Lubaya, qui s’interroge sur la base juridique de la médiation angolaise : s’agit-il d’une décision formelle de l’Union africaine, d’un mécanisme régional ou d’un accord ponctuel entre acteurs concernés ? Selon lui, la légitimité du médiateur repose sur la transparence quant à l’origine et aux limites de son mandat.
L’impartialité de la médiation est également un enjeu central. Pour qu’elle inspire confiance, elle doit être perçue comme équidistante des parties en conflit. À défaut, prévient l’opposant, la crédibilité du cessez-le-feu risque de s’éroder dès le départ.
Claudel Lubaya questionne aussi la coordination entre les différentes initiatives africaines, notamment le rôle du président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, désigné médiateur par l’Union africaine. Existe-t-il une articulation claire avec la facilitation angolaise et une répartition précise des responsabilités ? Il met en garde contre la multiplication des canaux diplomatiques sans coordination, qui pourrait brouiller le processus.
L’opposant souligne également l’importance de clarifier le statut du processus de Doha, qui avait réuni le gouvernement congolais et l’AFC/M23 sous facilitation qatarie, avec des engagements et mécanismes de suivi déjà établis. Ignorer ces acquis, avertit-il, fragiliserait la cohérence des efforts de paix.
Au-delà des questions institutionnelles, Lubaya insiste sur des garanties pratiques : sécurité des participants, liberté de mouvement et conditions équitables de participation, essentielles à la crédibilité du dialogue. Il critique par ailleurs le choix du président Félix Tshisekedi de ne pas associer la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), qui ont pourtant joué un rôle clé dans les précédentes médiations.
Selon Claudel Lubaya, l’Angola porte désormais une responsabilité historique. La médiation doit dissiper toute ambiguïté, affirmer son indépendance et garantir un processus transparent et équilibré. « Sans clarté, il ne peut y avoir de confiance durable », martèle-t-il.
Alors que le pays s’apprête à franchir une étape diplomatique décisive, l’opposant appelle à une démarche rigoureuse et inclusive pour transformer le cessez-le-feu en véritable opportunité de paix pour les populations meurtries par le conflit.
Loule Kitoko







