Des dizaines de familles déguerpies du quartier Pakadjuma passent désormais leurs nuits à la belle étoile, après la démolition de leurs habitations pour constructions anarchiques et occupation illégale de l’emprise ferroviaire de l’Office national des transports (ONATRA).
Privés de toit, plusieurs habitants ont investi la route Poids Lourds, sur le tronçon allant du TP jusqu’à Baramoto, où ils ont érigé des abris de fortune. Bâches et sachets en plastique soutenus par des planches et des chevrons appuyés contre des murs tiennent lieu de logements provisoires. À même le sol, des valises et des ustensiles de cuisine témoignent d’un départ précipité. Des enfants, la main sur la joue, partagent le désarroi de leurs mères, visiblement éprouvées par la brutalité de la situation.
Selon les autorités provinciales, ces habitations étaient construites illégalement sur l’emprise ferroviaire, une occupation qui aurait paralysé les activités de l’ONATRA pendant près de six mois. Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, justifie l’opération par la nécessité de restaurer l’autorité de l’État et de sécuriser les installations publiques.
En déplacement sur les lieux mercredi, le chef de l’exécutif provincial a affirmé que Pakadjuma était devenu un foyer de criminalité, servant de refuge à des individus impliqués dans des actes de vandalisme, notamment le long de l’avenue Poids Lourds. Il a également évoqué des risques majeurs pour la santé publique.
Daniel Bumba a lancé un avertissement ferme contre toute tentative de réoccupation des emprises publiques, promettant des sanctions sévères à l’encontre des contrevenants.
Par ailleurs, l’exécutif provincial annonce avoir mis à disposition un bateau pour faciliter le retour volontaire des personnes concernées vers la province de l’Équateur.
Mathieu Kayemba







