La République démocratique du Congo (RDC) monte au créneau face à ce qu’elle qualifie d’utilisation illégale de ses fréquences téléphoniques par MTN Rwanda. Le sujet a été au centre d’une réunion stratégique, ce mardi 10 février 2026, présidée par la Première ministre, Judith Suminwa.
Étaient présents le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, le président de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC), ainsi que les dirigeants des principaux opérateurs mobiles du pays, dont Airtel, Orange et Vodacom.
À l’issue de la rencontre, José Mpanda Kabangu a confirmé la gravité du dossier. « Nous avons été reçus par Madame la Première ministre au sujet de l’occupation de notre territoire par MTN, qui commencerait à utiliser nos fréquences sans autorisation », a-t-il déclaré.
Le ministre a précisé que le dossier est pour l’instant traité sur le plan technique. « Une communication technique sera faite, et les instances politiques interviendront ensuite. La Première ministre a donné des instructions pour que l’ARPTC saisisse, si nécessaire, les instances internationales compétentes », a-t-il ajouté.
Souveraineté numérique en jeu
Au-delà de l’aspect technique, cette affaire pose la question de la souveraineté numérique de la RDC. Les fréquences radioélectriques, ressources stratégiques, relèvent de la compétence exclusive de l’État et leur attribution est strictement encadrée par la législation nationale et les normes internationales.
Si l’exploitation non autorisée par un opérateur étranger était confirmée, elle constituerait une violation du cadre réglementaire congolais et des principes de territorialité en matière de télécommunications.
Vers une saisine des instances internationales
La possible implication d’organismes internationaux laisse entrevoir une escalade diplomatique et réglementaire. L’ARPTC pourrait saisir des structures régionales ou internationales chargées de la gestion des spectres de fréquences.
Dans un contexte déjà tendu entre Kinshasa et Kigali sur les questions sécuritaires, ce différend dans le secteur stratégique des télécommunications pourrait complexifier davantage les relations bilatérales. Pour l’instant, le gouvernement congolais privilégie une approche technique et institutionnelle, tout en affirmant sa détermination à protéger son espace radioélectrique et ses intérêts nationaux.
Josue Lelo






