Sept mois après la signature de l’Accord de Paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, la mise en œuvre reste lente, avec un taux d’exécution global stagnant à 23,3 %, selon le baromètre des accords de paix pour l’Afrique publié en janvier.
Malgré cette inertie, certaines avancées diplomatiques et institutionnelles méritent d’être signalées. La réunion de haut niveau de Lomé a adopté une nouvelle architecture de médiation sous l’égide de l’Union africaine, tandis que le Médiateur et le Panel des Facilitateurs ont entamé une tournée régionale pour la rendre opérationnelle. Par ailleurs, la CIRGL a examiné la dégradation de la sécurité dans l’est de la RDC, et le Président angolais João Lourenço a mené des consultations avec les acteurs congolais pour relancer un dialogue politique inclusif. Sur le terrain, l’AFC/M23 s’est retirée d’Uvira, illustrant quelques progrès concrets.
Cependant, les obstacles demeurent majeurs : intensification des hostilités, persistance des FDLR, mesures défensives rwandaises non levées et difficultés d’accès humanitaire freinent la mise en œuvre de l’Accord. Le rapport recommande que la RDC accélère les opérations coordonnées contre les FDLR, en impliquant la MONUSCO et en veillant à ce qu’aucun membre de ces forces ne soit intégré aux FARDC, tout en poursuivant un dialogue politique structuré et inclusif.
Le Rwanda est appelé à lever rapidement ses mesures défensives et à faciliter le rapatriement volontaire des FDLR, tout en incitant l’AFC/M23 à ne pas entraver les opérations de la MONUSCO. Les États-Unis doivent maintenir une pression diplomatique soutenue et combiner incitations et mesures ciblées contre les acteurs bloquant l’Accord, tandis que le Qatar est invité à relancer le processus de Doha et à harmoniser ses efforts avec le cadre de Washington, en soutenant financièrement le Panel des Facilitateurs et le Secrétariat Conjoint Indépendant de l’UA.
Alors que les tensions persistent dans la région des Grands Lacs, le rapport met en lumière la fragilité du processus de paix et l’urgence d’une coordination renforcée pour transformer les engagements diplomatiques en résultats concrets sur le terrain.
Loule Kitoko







