Les récentes déclarations du président rwandais Paul Kagame, affirmant notamment que le territoire rwandais s’étendrait jusqu’au Kivu et que la cause profonde des conflits armés en République démocratique du Congo serait liée aux terres, suscitent une vive indignation au sein de la société civile congolaise.
Dans une déclaration rendue publique ce dimanche 11 janvier, Patient Bashombe Matabishi, coordonnateur national de la plateforme de la société civile DYCOD-RDC et modérateur principal du Comité de crise pour la paix et la sécurité en RDC, a qualifié ces propos de faux, dangereux et profondément révisionnistes.
« Ces propos constituent une falsification flagrante de l’histoire et une menace directe contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo », a déclaré Me Bashombe.
Selon lui, les affirmations attribuant le Nord-Kivu et le Sud-Kivu au Rwanda ne reposent sur aucun fondement juridique ou historique reconnu.
« Aucun traité, aucun fait historique, aucune norme internationale ne reconnaît au Rwanda le moindre droit sur le territoire congolais. Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont et demeurent des provinces de la RDC », a-t-il insisté.
DYCOD-RDC estime que ces déclarations s’inscrivent dans une logique de remise en cause des frontières héritées de la colonisation, pourtant garanties par le droit international et les accords régionaux.
« Le schéma de la balkanisation est désormais visible, et nous le refusons catégoriquement », a ajouté Me Bashombe.
Au-delà des propos du président rwandais, le coordonnateur national de DYCOD-RDC a également exprimé son étonnement face au silence observé dans certains cercles politiques et sociaux congolais, notamment parmi les élites du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Je suis profondément étonné par le silence assourdissant de nombreux fils et filles du Kivu. Ce silence n’est pas neutre. il devient une forme de complicité », a-t-il déploré, pointant aussi l’absence de réactions claires d’une partie de la classe politique, tant de la majorité que de l’opposition.
« Il ne s’agit pas d’un débat ordinaire, mais de l’existence même de notre Nation. Se taire face à la revendication de notre territoire, c’est faillir à son devoir envers le Congo », a-t-il martelé.
Face à cette situation, DYCOD-RDC appelle à une mobilisation nationale. La plateforme interpelle les leaders politiques, communautaires, religieux et intellectuels afin qu’ils condamnent publiquement et sans ambiguïté ces déclarations et réaffirment leur attachement à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC.
Elle exige également du gouvernement congolais une position ferme.
« Nous attendons du gouvernement qu’il condamne cette forfaiture, qu’il refuse toute négociation portant sur la souveraineté et les frontières, et qu’il exige le respect strict de la souveraineté de la République démocratique du Congo », a souligné Me Bashombe.
Par ailleurs, DYCOD-RDC rappelle que la neutralité face à ce qu’elle considère comme une agression ou un projet de balkanisation n’est pas une option.
« La RDC n’est pas à vendre. Le Congo n’est pas un butin de guerre. Le peuple congolais n’est pas une variable géopolitique », a-t-il conclu.
Joël Tshim’s







