Nord-Kivu : l’eau de pluie, une alternative trompeuse aux lourds risques sanitaires

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Société
  • Commentaires de la publication :0 commentaire
You are currently viewing Nord-Kivu : l’eau de pluie, une alternative trompeuse aux lourds risques sanitaires

 

En pleine saison des pluies, de nombreux ménages de Goma et du territoire de Nyiragongo se tournent vers l’eau de pluie pour satisfaire leurs besoins domestiques. Faute d’un accès régulier à l’eau potable, cette solution est souvent perçue comme pratique et sans danger.

Pourtant, dans cette région marquée par une intense activité volcanique, la consommation de l’eau de pluie représente un véritable risque pour la santé publique.

Dans les zones volcaniques, les précipitations absorbent divers gaz, poussières et particules chimiques présents dans l’atmosphère. Ces substances, issues notamment des émanations volcaniques, contaminent l’eau de pluie et peuvent la rendre impropre à la consommation. Même limpide en apparence, cette eau peut renfermer des agents nocifs invisibles à l’œil nu.

Les structures sanitaires locales observent régulièrement les conséquences de cette pratique. Selon Najuwa Mbawe Justin, infirmier au centre de santé de Munigi, la consommation d’eau de pluie non traitée expose la population à plusieurs maladies, notamment les diarrhées et d’autres infections hydriques. Les enfants figurent parmi les groupes les plus vulnérables, particulièrement dans les zones proches du volcan Nyiragongo.

Toutefois, des solutions simples existent pour limiter ces risques. Les professionnels de santé recommandent de faire bouillir l’eau pendant au moins quinze minutes avant toute utilisation. Lorsque cela est possible, l’usage de produits de traitement comme les comprimés Aquatabs ou le chlore est également conseillé pour assurer une meilleure désinfection.

Face à l’intensification des pluies, les agents de santé appellent la population à la prudence. Ils insistent sur l’importance d’éviter la consommation directe de l’eau de pluie, de privilégier l’eau potable lorsqu’elle est disponible et de respecter rigoureusement les règles d’hygiène afin de prévenir les maladies liées à l’eau.

Malgré ces mises en garde, l’eau de pluie reste largement utilisée à Goma et à Nyiragongo. Les experts estiment dès lors nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation et les mesures de prévention pour protéger durablement la santé des communautés vivant dans ces zones volcaniques.

 

Kanoba Obadias

Laisser un commentaire