Dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, les agriculteurs dénoncent la baisse des prix d’achat de leurs produits agricoles imposée par les acheteurs grossistes. Selon eux, les tarifs actuellement appliqués ne permettent ni de couvrir les coûts liés aux travaux champêtres ni de subvenir aux besoins quotidiens de leurs ménages.
À l’heure actuelle, une mesurette de haricots se vend entre 2 000 francs congolais pour les variétés ordinaires et 3 000 FC pour les variétés Pigeon vert et Mamadou. Des prix jugés largement insuffisants par les producteurs, qui réclament une révision à la hausse.
« Les dépenses engagées depuis le champ jusqu’au marché sont énormes. Il faut sarcler, entretenir, récolter et transporter les produits. Tout cela demande beaucoup d’efforts et d’argent. À ce prix-là, nous ne nous retrouvons pas. Pour la variété Mamadou, par exemple, une mesurette devrait coûter au moins 10 000 FC », expliquent certains agriculteurs rencontrés sur place.
De son côté, la Coopérative des vendeurs des produits agricoles (COOVEPA) défend la grille tarifaire actuelle. Elle affirme que les prix sont fixés en tenant compte des réalités du marché et des charges engagées jusqu’aux centres de vente.
« Nos prix sont établis sur la base des marchés de Goma et de Butembo. Nous calculons toutes les dépenses effectuées et ajoutons une marge qui ne dépasse pas 1 à 2 dollars. La COOVEPA ne cherche pas à léser les agriculteurs. Nous travaillons pour l’intérêt de toutes les parties. Toute variation de prix est communiquée en temps réel », a expliqué Muhindo Kassay Martin, vice-président de la COOVEPA.
Cette baisse des prix s’explique notamment par une production agricole abondante enregistrée durant la saison culturale 2025 dans plusieurs bassins de Rutshuru, sans débouchés extérieurs significatifs. Une situation qui a favorisé la loi de l’offre au détriment de la demande sur le marché local.
Kanoba Obadias







