RDC : Kabuya hausse le ton et déchire la déclaration de la CENCO sur la Constitution

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Le débat autour de la révision constitutionnelle en République démocratique du Congo continue de susciter de vives tensions entre acteurs politiques et religieux.

Ce samedi, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a posé un geste spectaculaire en déchirant publiquement la déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) relative au projet de référendum constitutionnel.

Intervenant devant la presse, Augustin Kabuya a exprimé son rejet catégorique de la position des évêques catholiques, qui se sont récemment opposés à toute initiative susceptible de modifier les dispositions constitutionnelles encadrant le mandat présidentiel.

Dans leur déclaration, les prélats catholiques ont rappelé leur position déjà exprimée en 2018, selon laquelle le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Selon eux, toute démarche pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel constituerait une remise en cause des principes démocratiques consacrés par la Constitution actuelle.

Une position que le secrétaire général de l’UDPS juge inacceptable. Pour lui, les évêques ne peuvent pas s’ériger en arbitres exclusifs du débat national sur les réformes institutionnelles. Il estime que la Constitution n’est pas un texte figé et que le peuple congolais conserve le droit souverain de réfléchir à son adaptation en fonction de l’évolution du pays.

Le geste de déchirer la déclaration de la CENCO a immédiatement suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique. Les partisans de l’UDPS y voient l’expression d’une volonté de défendre la souveraineté populaire face à ce qu’ils considèrent comme une intrusion de l’Église dans le champ politique.

À l’inverse, plusieurs observateurs pourraient dénoncer cette attitude de défiance à l’égard d’une institution qui a joué un rôle majeur dans les processus démocratiques du pays.

Cette nouvelle passe d’armes intervient alors que le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution gagne en intensité. Depuis plusieurs mois, certains cadres de la majorité présidentielle plaident pour une réforme des institutions afin de répondre aux défis sécuritaires, politiques et socio-économiques auxquels le pays est confronté.

L’opposition et plusieurs organisations de la société civile, de leur côté, redoutent qu’un tel processus ne serve à remettre en cause les équilibres constitutionnels actuels.

Alors que les positions se radicalisent, la controverse autour du référendum constitutionnel s’impose désormais comme l’un des principaux enjeux du paysage politique congolais. Le geste d’Augustin Kabuya, largement relayé sur les réseaux sociaux et dans les médias, risque d’alimenter davantage les tensions entre la majorité au pouvoir et l’Église catholique, dont la voix demeure influente dans le débat public en RDC.

Josue Lelo

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