‎Développement rural : Mutshaïl Mutomb veut importer le modèle brésilien en RDC

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Après la visite de l’EMATER-DF, au Brésil dans le cadre d’une mission de travail, le ministre d’État en charge du Développement rural, Grégoire Mutshaïl Mutomb, a franchi le 5 mai dernier, une étape stratégique en se rendant au siège de EMBRAPA, référence mondiale en matière de recherche agronomique.

‎Placée sous la tutelle du ministère brésilien de l’Agriculture, cette institution publique, souvent comparée à INERA en République démocratique du Congo, incarne un modèle d’intégration entre science, innovation et développement rural. À travers cette visite, Kinshasa affiche clairement son ambition : repositionner la recherche appliquée au cœur de la relance des territoires ruraux.

‎Au Brésil, l’EMBRAPA ne se limite pas à la production de connaissances scientifiques. L’institution déploie ses résultats directement sur le terrain, en accompagnant agriculteurs et éleveurs grâce à des mécanismes efficaces de vulgarisation, à la diffusion de semences améliorées et à un encadrement technique de proximité. Cette approche a largement contribué à moderniser l’agriculture brésilienne et à renforcer la résilience des économies locales.

‎Pour le patron du développement rural congolais, ce modèle constitue un levier concret pour relever les défis structurels du monde rural en RDC. Il a notamment mis en avant le rôle déterminant de la recherche dans l’amélioration durable des rendements, tout en soulignant la nécessité de concilier productivité agricole et préservation des ressources naturelles. Une articulation essentielle pour garantir la sécurité alimentaire et stabiliser les conditions de vie des populations rurales.

‎Les échanges avec les responsables de l’EMBRAPA ont porté sur plusieurs axes clés : le transfert de technologies vers les petits producteurs, la mise en place de centres de recherche décentralisés et le développement de partenariats public-privé. Autant de pistes que le gouvernement congolais entend explorer pour revitaliser l’INERA et renforcer les capacités opérationnelles des services techniques du ministère.

‎Au-delà de l’inspiration, l’enjeu est clair notamment transformer la recherche en un outil directement utile aux communautés rurales. En ligne de mire, l’augmentation de la productivité agricole, la sécurisation des revenus paysans et la réduction de l’exode rural, symptôme persistant du déséquilibre entre villes et campagnes.

‎Cette séquence brésilienne, à en croire le ministère du développement rural, s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération bilatérale visant à bâtir une politique de développement rural fondée sur des bases scientifiques solides. Pour Kinshasa, il ne s’agit plus seulement de produire, mais de produire mieux  en connectant savoir, innovation et réalités du terrain.

‎Mathieu Kayemba

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