Kongo Central : deux ministres provinciaux quittent leurs fonctions moins de dix jours après leur nomination

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La scène politique du Kongo Central connaît une nouvelle zone de turbulences. Deux ministres provinciaux ont annoncé leur démission ce mardi 5 mai, moins de dix jours seulement après leur nomination intervenue le 28 avril dernier dans le cadre d’un réaménagement technique de l’exécutif.

Il s’agit de Joseph Fonsalambi, en charge du Plan, Budget, Fonction publique, PNTIC et Numérique, et de Jean Kiboko Ndombasi, qui gérait les portefeuilles de l’Éducation, de la Santé, des Affaires sociales, de la Communication, tout en assurant les fonctions de porte-parole du gouvernement provincial.

Dans leurs correspondances respectives, les deux responsables évoquent des « raisons de convenance personnelle » pour justifier leur retrait. Une explication officielle qui, dans les milieux politiques locaux, suscite scepticisme et spéculations, tant la brièveté de leur passage au gouvernement interroge.

Selon plusieurs sources concordantes proches de Assemblée provinciale du Kongo Central, ces démissions pourraient en réalité répondre à des calculs politiques précis. Les deux ex-ministres envisageraient de retrouver leurs sièges de députés provinciaux afin de consolider le poids du groupe des 17 élus, communément appelé G17, réputé proche du gouverneur Grâce Bilolo.

Cette recomposition intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Le chef de l’exécutif provincial fait en effet l’objet d’un réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, qui sollicite l’autorisation d’engager des poursuites judiciaires pour un présumé détournement de deniers publics.

Face à ces accusations, une plénière décisive est prévue le 17 mai prochain au sein de l’Assemblée provinciale. Les élus devront se prononcer sur la levée ou non des immunités du gouverneur, une étape cruciale qui pourrait ouvrir la voie à une instruction judiciaire.

Dans ce contexte, les démissions enregistrées apparaissent moins comme de simples décisions individuelles que comme les signes d’un réalignement stratégique au sein de la majorité provinciale. Plusieurs observateurs estiment que l’issue de la plénière du 17 mai pourrait profondément reconfigurer les équilibres politiques dans la province.

En attendant, cette séquence alimente les incertitudes et confirme la fragilité actuelle de l’exécutif provincial, pris entre pressions judiciaires et recompositions politiques internes.

Loule Kitoko

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