20 ans de la Constitution : Emery Okundji plaide pour un changement des pratiques plutôt qu’un changement de loi

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À l’occasion des vingt ans de la Constitution de la République démocratique du Congo, Emery Okundji appelle à une évaluation « minutieuse, sérieuse et sans complaisance » de la loi fondamentale, estimant que le débat sur son âge constitue « un faux problème ».

S’exprimant ce dimanche, l’ancien ministre a reconnu qu’« aucune Constitution au monde n’est parfaite », tout en soutenant que celle adoptée en 2006 figure « parmi les meilleures en Afrique », notamment en matière de séparation des pouvoirs, de droits et devoirs des citoyens et d’organisation politique.

Selon lui, les difficultés que traverse le pays ne proviennent pas des insuffisances du texte, mais de son application.

« De manière générale, le problème n’est pas dans la Constitution malgré ses faiblesses, mais dans l’Homme congolais incapable de respecter les textes légaux », a-t-il affirmé.

Il a dénoncé la persistance des anti-valeurs, l’incapacité des dirigeants à faire primer l’intérêt national et le manque de rigueur dans l’exécution des dispositions constitutionnelles. À ses yeux, une réforme du texte ne produirait aucun effet durable sans un changement profond des pratiques politiques.

« On peut changer de Constitution, mais aussi longtemps que nous serons complaisants dans le choix des hommes et des femmes appelés à diriger le pays, les problèmes demeureront », a-t-il insisté.

Revenant sur l’argument lié à la longévité du texte, l’ancien membre du gouvernement a cité des exemples étrangers, notamment la Constitution des États-Unis adoptée en 1787 et amendée à 27 reprises, ainsi que celle de la Ve République française en vigueur depuis 1958, pour illustrer que la durée d’existence d’une Constitution ne constitue pas en soi un motif de remise en cause.

Pour Emery Okundji, l’enjeu central demeure la qualité des dirigeants et leur capacité à respecter scrupuleusement la loi fondamentale. Il a ainsi plaidé pour l’émergence d’une élite responsable et compétente.

« Il faut faire le choix de l’élite congolaise, choisir l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », a-t-il conclu.

Vingt ans après son adoption, la Constitution congolaise continue d’alimenter le débat public, entre partisans d’une réforme et défenseurs d’une application stricte du texte existant.

Joël Tshim’s

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