Sud-Kivu : la crise sanitaire s’aggrave, les populations privées de médicaments essentiels

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La situation sanitaire demeure alarmante dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, où la crise humanitaire combinée à l’insécurité persistante compromet gravement l’accès aux soins de santé pour les populations les plus vulnérables.

Dans les territoires de Kalehe, Kabare et Walungu, de nombreuses structures sanitaires sont confrontées à une pénurie aiguë de médicaments et d’intrants médicaux. Cette situation est aggravée par un appui humanitaire insuffisant et une pauvreté généralisée, qui limitent fortement la prise en charge adéquate des patients.

À Kalehe, notamment dans le groupement de Ziralo, en zone de santé de Bunyakiri, les centres de santé font face à une recrudescence inquiétante des cas de paludisme, sans disposer d’anti-paludéens ni de moustiquaires imprégnées.

Selon Enock Judicieux, infirmier titulaire du centre de santé de Mianda, le paludisme ne figure pas parmi les pathologies prises en charge par le projet actuellement mis en œuvre par le consortium Médecins du Monde Belgique (MDM) et TPO, avec l’appui financier de l’Union européenne.

Faute de médicaments disponibles, les soignants se voient contraints de remettre des ordonnances aux patients, les obligeant à se procurer eux-mêmes les produits dans des pharmacies privées. Une pratique qui engendre frustrations, incompréhensions et parfois des tensions entre malades et personnel de santé.

Dans le territoire de Kabare, la situation est tout aussi préoccupante pour les familles déplacées internes. Déjà fragilisées par les violences armées, elles éprouvent d’énormes difficultés à accéder aux soins en raison de leur incapacité à assumer les frais médicaux. Face à cette détresse, ces populations lancent un appel pressant aux organisations humanitaires afin d’obtenir un appui financier et médical pour garantir l’accès aux soins de santé de base.

Kanoba Obadias

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