À l’approche des fêtes de Noël et du Nouvel An, la crise socio-économique qui sévit à Goma depuis le début de l’année plonge de nombreux ménages dans une situation encore plus précaire. Les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC), souvent considérées comme le dernier filet de sécurité financière pour les familles, peinent aujourd’hui à honorer leurs engagements en fin de cycle.
Traditionnellement, cette période marque un moment crucial pour les membres des AVEC, qui comptent sur le partage des économies accumulées pour faire face aux dépenses liées aux festivités. Cette année pourtant, les caisses sont presque à sec. Les responsables d’associations évoquent une équation insoluble, tiraillés entre les attentes légitimes des adhérents et une réalité financière de plus en plus contraignante.
« Nous sommes dans une impasse », reconnaît un responsable d’AVEC. L’insécurité persistante et la dégradation des conditions de vie ont entraîné une hausse des impayés. Plusieurs membres, incapables de rembourser leurs crédits, ont quitté la ville, parfois en emportant avec eux des fonds appartenant à la collectivité.
Au sein des groupes d’épargne, la tension est palpable. Déjà confrontés à la flambée des prix des produits de première nécessité, les membres redoutent un partage insuffisant en cette fin de cycle. « On nous annonce que la distribution sera compliquée alors que nous arrivons à la clôture. C’est difficile à accepter », confie un adhérent sous couvert d’anonymat. Pour beaucoup, ces économies représentent l’unique espoir de célébrer dignement la fin de l’année.
Faute de remboursements réguliers, plusieurs AVEC se retrouvent aujourd’hui dans l’incapacité de respecter leurs engagements. « Depuis que l’insécurité s’est installée, nos effectifs diminuent et les déficits se creusent. Nous sommes désormais obligés d’accepter tout remboursement, même partiel », explique une responsable d’association.
Dans une ville marquée par l’incertitude et la fragilisation du tissu économique local, les AVEC — longtemps perçues comme une alternative aux institutions bancaires — vacillent dangereusement. Face à cette situation alarmante, responsables et membres lancent un appel urgent à l’assistance afin d’éviter l’effondrement de ces structures communautaires et permettre aux familles de traverser les fêtes de fin d’année dans un minimum de dignité.
Kanoba Obadias







