L’ancien ministre d’État Félix Kabange Numbi Mukwapa a sévèrement critiqué la récente conférence de presse du président Félix Tshisekedi, tenue le 6 mai 2026, en publiant une tribune incisive dans laquelle il recense ce qu’il qualifie de « sept contradictions » révélatrices de huit années de gouvernance.
Dans ce texte au ton particulièrement critique, l’ancien membre du gouvernement estime que cette sortie médiatique présidentielle, loin d’éclairer l’opinion, aurait mis en évidence plusieurs incohérences majeures sur des dossiers sensibles de la République.
Une conférence de presse « organisée pour contrôler »
D’entrée de jeu, Félix Kabange dénonce le cadre même de cette rencontre avec la presse. Selon lui, le filtrage des journalistes à l’entrée, la confiscation du matériel de reportage ainsi que la sélection préalable des invités traduisent une volonté de contrôle plutôt qu’un véritable exercice de transparence.
Pour l’ancien ministre, cette stratégie n’a toutefois pas empêché l’émergence de contradictions qu’il considère comme révélatrices d’une méthode de gouvernance.
Le dossier sécuritaire au cœur des critiques
Parmi les principaux points soulevés figure la question de l’état de l’armée congolaise.
Kabange s’étonne que le chef de l’État, également commandant suprême des FARDC, ait reconnu avoir surestimé les capacités de l’armée, alors qu’il est à la tête du pays depuis plusieurs années.
Il rappelle notamment les déclarations fermes de Félix Tshisekedi en décembre 2023, lorsqu’il menaçait publiquement le Rwanda d’une riposte militaire à la moindre provocation.
Pour lui, le revirement actuel pose une question fondamentale sur la maîtrise réelle des dossiers stratégiques au sommet de l’État.
Des incohérences sur le processus électoral
L’ancien ministre s’attaque également aux déclarations présidentielles sur les élections de 2028.
Il juge contradictoire d’évoquer l’insécurité à l’Est pour justifier d’éventuelles difficultés d’organisation, alors que les élections de décembre 2023 se sont tenues dans un contexte sécuritaire déjà dégradé.
Selon lui, cet argument masque en réalité une volonté de préparer le terrain à un débat constitutionnel controversé.
Une mise en garde contre toute révision constitutionnelle
Dans sa tribune, Félix Kabange met en garde contre toute tentative de révision de la Constitution ou d’organisation d’un référendum dans un pays dont une partie du territoire demeure en proie à la guerre.
« Pas de changement de la Constitution, pas de troisième mandat. Pas de référendum dans un pays où une partie est sous occupation », martèle-t-il.
Une charge politique frontale
Au-delà de l’analyse technique, cette tribune apparaît comme une attaque politique directe contre le président Tshisekedi.
Pour Félix Kabange, les contradictions relevées ne relèvent pas de simples maladresses de communication, mais constituent le reflet d’un bilan politique qu’il juge préoccupant après près de huit années de pouvoir.







