À l’occasion de la Journée internationale du travail célébrée ce 1er mai, le président de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), Guy Kuku, dresse un bilan nuancé de la situation socio-économique des travailleurs congolais pour la période 2025-2026. Entre contexte sécuritaire tendu, difficultés économiques et avancées sociales fragiles, le constat est, selon lui, « ni totalement négatif, ni réellement satisfaisant ».
D’entrée de jeu, le responsable syndical salue la confiance des travailleurs envers son organisation, tout en soulignant que l’environnement global reste marqué par des défis majeurs. Il évoque notamment l’impact de la crise sécuritaire à l’Est du pays, qu’il assimile à une guerre non déclarée, ainsi que les tensions internationales qui influencent l’économie nationale.
« Le pouvoir d’achat des travailleurs n’a pas connu d’amélioration significative », déplore-t-il, rappelant que des négociations tripartites entre gouvernement, employeurs et syndicats ont permis de fixer un nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Celui-ci a été progressivement relevé, passant de 7 000 à 14 500 francs congolais, avant d’atteindre 21 500 FC en janvier 2026, conformément à un décret de la Première ministre.
Cependant, Guy Kuku dénonce une application partielle de cette mesure. Si certains employeurs se conforment à la loi, d’autres s’y opposent ouvertement. « Dans un État de droit, un décret signé et publié n’est plus négociable. Il s’impose à tous », insiste-t-il, pointant du doigt ce qu’il qualifie de « rébellion » de certains opérateurs économiques.
Le président de la CDT rappelle que ce SMIG est le fruit d’un consensus obtenu après des discussions impliquant plusieurs ministères, les organisations patronales et les syndicats représentatifs. Il rejette ainsi toute tentative de remise en cause du processus et appelle à la responsabilité des employeurs.
Au-delà de la question salariale, Guy Kuku met en lumière les difficultés quotidiennes des travailleurs, notamment à Kinshasa, où le coût du transport devient insoutenable. « Une grande partie du salaire est absorbée par les frais de déplacement, dans une ville où les tarifs varient au gré des opérateurs », déplore-t-il. Cette situation, combinée à la cherté de la vie, entraîne des conditions d’existence précaires : logements inaccessibles, promiscuité, voire errance pour certains travailleurs.
Le syndicaliste établit également un lien direct entre faibles revenus et montée de l’insécurité. Selon lui, la précarité alimente des phénomènes sociaux tels que la criminalité et l’augmentation du nombre d’enfants en situation de rue.
Dans cette optique, il insiste sur l’importance d’un salaire décent, non seulement pour améliorer les conditions de vie, mais aussi pour soutenir l’économie nationale. « Un travailleur bien rémunéré consomme, et cette consommation profite aux entreprises elles-mêmes », explique-t-il, évoquant un cercle vertueux bénéfique à tous.
Enfin, Guy Kuku interpelle le gouvernement sur la nécessité de faire respecter la loi. « L’État doit allier dialogue et fermeté. Il ne peut tolérer que des décisions officielles soient ignorées sans conséquences », martèle-t-il, appelant l’inspection du travail à jouer pleinement son rôle.
À travers ce plaidoyer, la CDT réaffirme son engagement pour un travail décent en République démocratique du Congo, condition essentielle, selon elle, pour garantir la stabilité sociale et le développement du pays.
Loule Kitoko







