En République démocratique du Congo, le recours à la peine capitale connaît une hausse spectaculaire. Selon un rapport publié en avril 2026 par les organisations Ensemble contre la peine de mort et Culture pour la Paix et la Justice, plus de 480 personnes ont été condamnées à mort au cours de la seule année 2024, soit une augmentation de 300 % par rapport à l’année précédente.
Ce chiffre record intervient dans un contexte marqué par la levée, en mars 2024, du moratoire sur les exécutions en vigueur depuis 2003. Une décision qui, selon les auteurs du rapport, aurait contribué à un durcissement notable de la réponse pénale dans le pays.
Résultat de onze mois d’investigations menées dans une vingtaine d’établissements pénitentiaires à travers le territoire, le document met en lumière de graves dysfonctionnements au sein de la chaîne judiciaire. Parmi les dérives dénoncées figurent des procédures jugées expéditives, des actes de torture lors des interrogatoires, ainsi qu’une absence quasi généralisée d’assistance juridique pour les accusés.
Le rapport pointe également des conditions de détention alarmantes, qualifiées d’inhumaines. La surpopulation carcérale atteint des niveaux critiques, notamment à la Prison centrale de Makala, où elle dépasserait les 1 000 %, exacerbant les risques sanitaires et sécuritaires.
Face à cette situation, les organisations signataires appellent les autorités congolaises à suspendre toute exécution et à engager des réformes structurelles du système judiciaire. Elles plaident également pour un retour au moratoire et, à terme, pour l’abolition définitive de la peine de mort en RDC.
Loule Kitoko







