Retard de salaires : Godé Mpoy accuse la Banque Centrale du Congo

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Le retard dans le versement des salaires des agents publics continue de susciter des débats en République démocratique du Congo. Pour sa part, le député national Godé Mpoy a réagi à la récente déclaration du ministre des Finances, Doudou Fwamba, estimant que le gouvernement reconnaît implicitement des difficultés financières tout en cherchant à éviter la panique.

Intervenant mardi 17 février dans une émission télévisée, l’élu national a jugé que l’annonce gouvernementale promettant de régler les paiements dans trois jours reflète un vrai problème de trésorerie.

« En promettant de clôturer la paie dans trois jours, le gouvernement confirme implicitement l’existence d’un problème de trésorerie, mais refuse de paniquer la population », a-t-il déclaré.

Pour Godé Mpoy, la responsabilité principale ne revient pas au ministère des Finances, mais à la politique monétaire menée par la Banque Centrale du Congo. Il rappelle que la masse salariale de l’État avait été calculée sur la base d’un taux de change de 2 850 francs congolais pour un dollar américain. Or, avec l’appréciation du franc congolais qu’il qualifie « d’artificielle » l’enveloppe salariale n’a pas été réajustée, afin d’éviter des tensions sociales.

« Cela équivaut à dire que les recettes perdues du fait de cette appréciation artificielle constituent un manque à gagner sur l’enveloppe salariale », a-t-il affirmé. Selon lui, ce déficit expliquerait l’incapacité actuelle du gouvernement à payer tous les fonctionnaires dans les délais.

L’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa a également souligné l’impact fiscal de la situation monétaire. Il a rappelé que la TVA et l’impôt sur les revenus professionnels et personnels (IRPP) des 12ᵉ et 13ᵉ mois de 2025, collectés en janvier 2026, proviennent des activités économiques de décembre 2025.

Selon Godé Mpoy, ces recettes auraient été « plombées » par le taux de change appliqué, entraînant une baisse globale des encaissements publics. Par conséquent, aucune régie financière n’aurait atteint ses objectifs au cours du mois de janvier.

Mathieu Kayemba

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