Insécurité au Nord-Kivu : la résilience des populations face à un État défaillant

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Dans les territoires de Beni, Rutshuru et Lubero, au Nord-Kivu, vivre est devenu un combat quotidien. Insécurité persistante, déplacements forcés, perte de moyens de subsistance et traumatismes répétés façonnent le quotidien des communautés locales, plongées dans une incertitude permanente.

Malgré cette situation critique, la résilience des habitants est remarquable. Des familles déplacées tentent de reconstruire leur vie, des agriculteurs retournent dans leurs champs malgré les risques, et des parents continuent d’envoyer leurs enfants à l’école, espérant un avenir meilleur.

Mais cette capacité d’adaptation ne saurait remplacer les responsabilités de l’État. La sécurité, l’accès aux soins, à l’éducation et à l’aide humanitaire doivent rester des droits fondamentaux et non des privilèges laissés au courage individuel ou à la solidarité communautaire.

Dans de nombreuses localités, les infrastructures restent détruites ou insuffisantes, les centres de santé manquent de moyens, et la présence des forces de sécurité reste limitée face aux menaces des groupes armés. Ce vide institutionnel entretient un cycle de vulnérabilité qui fragilise davantage les civils.

Les acteurs de la société civile rappellent que, si la résilience des populations est admirable, elle ne peut remplacer des politiques publiques efficaces et une protection réelle. Ils appellent à un engagement renforcé des autorités pour restaurer la sécurité, soutenir les services sociaux essentiels et accompagner durablement les communautés affectées.

Pour les habitants de Beni, Rutshuru et Lubero, la paix et la stabilité ne sont pas de simples aspirations, mais des besoins urgents. La fin de la souffrance civile nécessite une action coordonnée, constante et responsable des institutions nationales et de leurs partenaires.

Kanoba Obadias

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