Oicha: la société civile dénonce des tentatives de spoliation et une gestion controversée des biens publics

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La Société civile Forces vives, noyau d’Oicha, a rendu publique, ce vendredi 17 janvier 2026, une déclaration accusant la bourgmestre de la commune d’Oicha, Kavira Mwenge Eugénie, de mauvaises pratiques dans la gestion des biens publics et communautaires. Selon cette structure citoyenne, plusieurs actes récents laisseraient apparaître une volonté de spoliation et de détournement des ressources appartenant à la population locale.

D’après la société civile, la bourgmestre aurait tenté à deux reprises de s’approprier une partie du cimetière de Kyuna. La première tentative aurait été mise en échec grâce à la mobilisation de la communauté locale. La seconde, plus récente, se serait traduite par des pressions exercées sur le président du comité de gestion des cimetières d’Oicha, Kambale Mbakirwa Obed, afin qu’il cède deux parcelles situées dans l’ancien cimetière. Ce dernier aurait opposé un refus catégorique, estimant agir dans le strict respect de l’intérêt communautaire.

Ce refus aurait conduit à la suspension de Kambale Mbakirwa Obed, notifiée par une correspondance officielle émanant de la bourgmestre. La société civile qualifie cette décision de nulle et sans effet, arguant que le comité de gestion relève de l’Assemblée générale communautaire et non de l’autorité municipale. Elle accuse également la bourgmestre d’avoir modifié les mandataires du compte des cimetières et d’avoir facilité des retraits de fonds sans l’aval de la population, en violation des procédures établies, des faits assimilés à un détournement de fonds.

La déclaration fait aussi état d’un autre cas jugé préoccupant : la suspension de Mumbere Kasando Chinois, coordonnateur du comité de gestion des points d’eau d’Oicha. Celui-ci aurait été écarté pour avoir refusé de faciliter des retraits jugés illicites dans le compte de réserve de la communauté locale. Pour les Forces vives, ces pratiques illustrent une gouvernance dominée par des intérêts personnels au détriment du bien commun.

Par ailleurs, la société civile alerte sur la spoliation présumée de deux parcelles appartenant à la source d’eau potable Ramazani, située en cellule Malaki, quartier Pakanza. Elle estime que cette situation constitue une menace directe pour un espace vital à la population et appelle à une mobilisation urgente pour sa protection.

Face à ces accusations, les Forces vives noyau d’Oicha formulent plusieurs recommandations. Elles demandent à l’administrateur du territoire de Beni de s’impliquer activement afin de mettre un terme à la spoliation des espaces publics. À la bourgmestre, elles recommandent d’éviter toute ingérence abusive, de privilégier l’intérêt communautaire et d’associer les organes de bonne gouvernance dans la prise de décisions.

Par ailleurs, la population est appelée à rester vigilante, à dénoncer toute tentative suspecte et, en particulier pour les habitants de la cellule Malaki, à planter des arbres autour de la source Ramazani afin de préserver cet espace communautaire.

Kanoba Obadias

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