Dialogue national : Steve Mbikayi accuse « Sauvons la RDC » de rouler pour l’AFC/M23

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La sortie médiatique de la plateforme Sauvons la RDC sur le dialogue national continue de faire des vagues dans l’arène politique congolaise. 

Parmi les réactions, celle de Steve Mbikayi, deputé national et cadre de l’Union sacrée de la Nation, qui monte au créneau et démonte sans détour la ligne défendue par ce regroupement, qu’il juge dangereusement alignée sur celle de la rébellion du M23.

Dans une carte blanche rendue publique ce jeudi 15 janvier, l’élu du Mont- Amba affirme que la position de Sauvons la RDC recoupe, presque à l’identique, celle exprimée récemment par l’AFC/M23 dans une correspondance adressée aux autorités angolaises. En cause : la volonté affichée de faire du seul processus de Doha l’unique voie crédible, tout en rejetant toute autre initiative de dialogue.

« Une lecture attentive de leur déclaration révèle une convergence troublante avec la position de l’AFC/M23, notamment sur la priorisation exclusive de Doha et la disqualification systématique des autres cadres de médiation », souligne Steve Mbikayi.

Selon lui, cette posture, présentée comme un gage de sincérité et de bonne foi, revient en réalité à verrouiller le débat national et à écarter toute alternative, au risque de fragiliser davantage la cohésion nationale.

Plus sévère encore, le député national Steve Mbikayi estime que cette attitude donne l’impression que la plateforme « s’adosse politiquement au M23 pour exister », un constat qu’il juge d’autant plus regrettable que Sauvons la RDC est composée de figures ayant déjà occupé de hautes responsabilités au sommet de l’État.

L’élu dit également s’étonner de l’absence, dans leur déclaration, d’un appel clair à la mobilisation patriotique face à l’insécurité persistante dans l’est du pays. Il rappelle, à ce sujet, que le dernier rapport des experts des Nations Unies identifie le M23 comme une façade de l’armée rwandaise opérant sur le sol congolais.

Autre point de friction, c’est le silence de la plateforme sur les atrocités commises dans les zones sous occupation rebelle.

« Ils s’acharnent contre le Chef de l’État et les institutions, mais restent muets sur les souffrances des populations de l’Est. Ce déséquilibre nuit gravement à leur crédibilité », tranche-t-il.

Sur la question de la médiation, Steve Mbikayi se dit surpris par l’exigence selon laquelle seul un dialogue initié par la CENCO et l’ECC serait recevable. Il rappelle que plusieurs forces politiques, dont l’Union sacrée, ont émis des réserves sur une médiation jugée trop conciliante envers le M23.

Sur le plan institutionnel, Steve Mbikayi martèle la légitimité des autorités issues des urnes.

« La RDC a un Président et un Parlement élus. Constitutionnellement, c’est au Chef de l’État qu’il revient de convoquer un dialogue national et d’en garantir la légalité », insiste-t-il, balayant les arguments liés à la contestation des élections de 2023.

« La contestation d’un scrutin n’a jamais interrompu la continuité de l’État », rappelle-t-il, en référence au précédent de 2011.

Par ailleurs, Steve Mbikayi estime que les ajustements observés dans les initiatives diplomatiques traduisent le sérieux du processus de paix, et non son affaiblissement.

« La RDC n’a pas besoin d’un dialogue taillé sur mesure pour les rebelles, mais d’un dialogue porté par ses filles et fils, au nom de la Nation », a t-il conclu.

Joël Tshim’s

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