Depuis la dernière saison agricole, une pénurie croissante de terres cultivables est observée dans le bassin de production de Kahunga ainsi que dans les champs situés en périphérie de la cité de Kiwanja, en territoire de Rutshuru. Cette situation est devenue un véritable casse-tête pour de nombreux ménages paysans qui dépendent exclusivement de l’agriculture pour leur survie.
Les agriculteurs de Kahunga, au nord de Kiwanja, de Dimez et Mulala à l’ouest, ainsi que de Kibende au nord-est de la cité, attribuent cette rareté à la forte croissance démographique et à l’exode rural vers la ville.
L’urbanisation progressive grignote peu à peu les terres agricoles autrefois disponibles.
Sous l’effet de cette pression foncière, les propriétaires de champs ont revu à la hausse les coûts de location, invoquant la loi de l’offre et de la demande. Une situation qui alourdit considérablement les charges des agriculteurs et fragilise davantage l’économie déjà précaire des ménages ruraux.
« Trouver aujourd’hui un champ à cultiver est devenu un problème très sérieux. Les propriétaires profitent de la forte demande pour augmenter les prix. Or, nous, les paysans, ne vivons que de la terre », témoigne un agriculteur de la région, visiblement préoccupé.
Cette rareté des terres suscite également l’inquiétude des experts agronomes locaux. Josaphat Mungumwa appelle les agriculteurs à mieux valoriser les espaces encore disponibles grâce à des techniques agricoles intensives.
« Même sur de petites superficies, il est possible d’obtenir de bons rendements si l’on applique des techniques appropriées. Un champ de 20 mètres sur 20 bien entretenu peut produire davantage qu’un espace plus vaste mal suivi », explique-t-il.
Selon les données locales, près de 75 % de la population de la cité de Kiwanja vit essentiellement de l’agriculture. Face à l’impact grandissant de cette pénurie foncière sur le quotidien des habitants, les paysans lancent un appel pressant aux organisations humanitaires intervenant dans le secteur agricole afin qu’elles s’impliquent rapidement pour proposer des solutions durables.
Kanoba Obadias







