La situation sécuritaire à Uvira et dans ses environs reste fragile, malgré un calme relatif observé dans la nuit du 9 au 10 décembre, juste avant que la ville, carrefour stratégique, ne tombe aux mains des rebelles du M23.
Dans un communiqué publié ce 10 décembre consulté par la rédaction d’Afrik-info.cd , le gouvernement provincial du Sud-Kivu dresse un bilan humain dramatique et dénonce l’implication de forces étrangères sur son territoire en violation des accords de paix.
Selon le communiqué signé par le porte-parole provincial, Me Luganywa Bashizi-Didier Káb, plus de 413 civils ont été tués par balles, grenades et explosions, dans la zone s’étendant de Kamanyola à Uvira, incluant les localités de Katogota, Luvunu, Bwegera, Luberizi, Mutarule, Lemera, Sange et Kiliba. Parmi les victimes figurent de nombreuses femmes, enfants et jeunes.
Ce bilan a été confirmé après la visite sur le terrain du gouverneur du Sud-Kivu, le Professeur Jean-Jacques Perusi Sadiki, le 7 décembre dans les centres de santé et hôpitaux d’Uvira.
Le gouvernement provincial accuse par ailleurs la présence de ce qu’il décrit comme des « forces spéciales rwandaises et leurs mercenaires étrangers » dans la ville. Ces forces, affirme le communiqué, opèrent en « violation manifeste du cessez-le-feu ainsi que des accords de Washington et de Doha », ignorant totalement les engagements pris. Bien que leur présence ait temporairement maintenu un calme apparent, la tension reste extrême.
Les autorités locales dénoncent une stratégie visant à semer la terreur, briser la résistance et provoquer des déplacements massifs, qualifiant ces violences de « carnage planifié ». Plus de 200 000 personnes ont été contraintes de fuir Uvira dans des conditions précaires, souligne le communiqué, qui appelle à une intervention urgente de la communauté nationale et internationale face à ces violations des droits humains.
Uvira est tombée mercredi 10 décembre en milieu de journée. Malgré des tentatives de résistance tôt dans la matinée, la violence a pesé toute la journée, paralysant les activités et instillant la peur parmi la population. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur leur localisation. Kinshasa a pour sa part perdu le contrôle de la province du Sud-Kivu.
Joël Tshim’s







