RDC : La trahison dans les FARDC, symptôme d’un État en panne ? (Analyse d’Eugène Kabamba)

You are currently viewing RDC : La trahison dans les FARDC, symptôme d’un État en panne ? (Analyse d’Eugène Kabamba)

Eugène Kabamba, acteur politique et penseur indépendant, fustige le discours sur la « trahison » au sein des Forces armées de la RDC (FARDC) qui le qualifie d’un prétexte récurrent, utilisé depuis des décennies pour expliquer les échecs militaires.

Dans une analyse récente, Kabamba revient sur l’histoire militaire de la RDC, rappelant que, sous Mobutu comme durant les crises du RCD, du CNDP ou du M23, la trahison est systématiquement pointée du doigt. Mais derrière ce discours, déplore-t-il, aucune réflexion structurelle n’est réellement menée.

Selon lui, l’élite congolaise reste incapable de diagnostiquer les véritables causes de la décomposition militaire : un peuple désespéré, l’absence de projet collectif, le pillage systématique des ressources et une crise profonde de légitimité du pouvoir.

La pauvreté et l’abandon des populations, insiste Kabamba, créent un terreau propice aux rébellions, transformant des civils désabusés en alliés potentiels de l’ennemi.

« Si Uvira tombe, Kalemie et l’ensemble du Katanga pourraient suivre », prévient-il, non par adhésion idéologique, mais par opportunisme et instinct de survie, dans un contexte de rupture totale entre l’État et la population.

L’analyste dénonce ainsi une armée structurellement défaillante et pose une question provocante : « Nos militaires sont-ils réellement capables de se battre ? » Selon lui, aucune réforme en profondeur n’a permis de faire des FARDC une force véritablement souverainiste et patriote.

Il critique également une culture militaire marquée par l’impunité, l’indiscipline et l’absence de récit victorieux, même avec l’appui international – citant l’exemple de Mamadou Ndala et de la MONUSCO contre le M23 en 2013.

En conclusion, Eugène Kabamba ne se contente pas de pointer du doigt les traîtres. Il met en lumière un système en faillite, un État sans socle idéologique capable de fédérer ses citoyens.

Pour lui, la trahison n’est pas la cause, mais la conséquence d’un mal plus profond : la rupture du lien entre le peuple, son armée et ses élites.

Josue Lelo

Laisser un commentaire