Ebola en RDC : la riposte montre ses limites, les contaminations repartent à la hausse malgré les moyens engagés

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Avec 38 nouveaux cas confirmés et 23 décès en seulement 24 heures, l’épidémie continue de progresser, relançant les interrogations sur l’efficacité de la riposte sanitaire.

La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle dégradation de la situation épidémiologique liée à Ebola. Les dernières données publiées par l’Institut national de santé publique (INSP) font état de 38 nouveaux cas confirmés et 23 décès en 24 heures, dont près de 74 % sont survenus dans la communauté, un indicateur qui révèle des difficultés persistantes dans la détection précoce et la prise en charge des malades.

Le bilan cumulé atteint désormais 1 830 cas confirmés et 648 décès, soit un taux de létalité de 35,4 %. L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, mais les inquiétudes s’étendent désormais au Haut-Uélé, où le gouverneur Jean Bakomito a officiellement déclaré l’épidémie dans la province après la confirmation de sept cas par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).

Pourtant, l’INSP affirme qu’aucune nouvelle zone de santé n’a été touchée. Une communication qui contraste avec les annonces des autorités provinciales et alimente les interrogations sur la coordination entre les différents acteurs de la riposte.

Plus préoccupant encore, l’INSP reconnaît lui-même une augmentation continue du nombre de cas d’une semaine à l’autre, signe que la transmission du virus reste active au sein des communautés.

Cette évolution remet en question l’efficacité des stratégies mises en œuvre depuis plusieurs mois. Malgré les financements annoncés par le gouvernement et les appels répétés à la mobilisation internationale, les résultats peinent à se traduire par un ralentissement de l’épidémie. La forte proportion de décès enregistrés en dehors des structures sanitaires laisse penser que de nombreux malades échappent encore au système de surveillance.

Les critiques se multiplient d’ailleurs sur la lenteur de la mobilisation des ressources. Le député national Gratien Iracan a récemment dénoncé le faible niveau de financement de la riposte par les partenaires internationaux, estimant que les engagements tardent à se concrétiser alors que la maladie poursuit sa progression.

Au-delà des chiffres, l’épidémie met en lumière les défis structurels du système de santé congolais : accès limité aux soins dans plusieurs zones, surveillance épidémiologique insuffisante, difficultés logistiques et sensibilisation encore incomplète des populations.

À ce rythme, les spécialistes craignent que la RDC ne soit confrontée à une aggravation de la crise sanitaire si la riposte n’est pas rapidement renforcée.

La hausse des contaminations et la persistance d’un taux élevé de décès rappellent qu’Ebola demeure une urgence nationale nécessitant une réponse plus rapide, mieux coordonnée et davantage soutenue sur les plans financier, logistique et communautaire.

Rédaction

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