La tension monte dans le secteur du transport urbain à Kinshasa. Réunis au sein de la coalition Alliance des Associations des Chauffeurs Professionnels (AACP), plusieurs organisations de conducteurs envisagent une cessation de travail les lundi 30 et mardi 31 mars. Cette action, encore conditionnelle, intervient dans un contexte de mécontentement croissant face à ce qu’ils considèrent comme un non-respect des engagements pris par les autorités provinciales.
Dans une correspondance adressée au gouverneur de la ville, Daniel Bumba, la coalition décrit une situation jugée « préoccupante ». Les chauffeurs dénoncent notamment la persistance de tracasseries administratives et policières, alors qu’un moratoire sur certains contrôles avait été annoncé. Selon eux, des opérations de vérification continuent d’être menées de manière jugée abusive sur les axes routiers de la capitale.
Les signataires de la lettre pointent également des pressions exercées pour l’obtention de documents, ainsi qu’une gestion toujours inefficace de la circulation dans une ville déjà fortement congestionnée. À leurs yeux, ces pratiques aggravent les difficultés quotidiennes des conducteurs et perturbent davantage l’activité de transport.
Cette synergie accuse par ailleurs certains agents d’intensifier les interpellations qu’elle qualifie d’injustifiées, visant notamment les conducteurs de services de transport avec chauffeur (VTC) ainsi que les véhicules de livraison, deux segments devenus essentiels dans la mobilité urbaine et la logistique de la capitale.
Malgré la menace de grève, les organisations regroupées au sein de l’AACP affirment privilégier une issue négociée. Elles sollicitent ainsi une rencontre urgente avec le gouverneur afin d’examiner les revendications soulevées et d’éviter une paralysie partielle de la ville, où le transport routier demeure le principal moyen de déplacement pour des millions d’habitants.
La correspondance transmise aux autorités provinciales est notamment signée par Éric Manianga, représentant de Mopila ASBL, l’une des structures membres de la coalition. Les prochains jours devraient être déterminants pour l’ouverture d’un dialogue susceptible de désamorcer ce mouvement annoncé.
Mathieu Kayemba
Kinshasa/ Transport : les chauffeurs annoncent une nouvelle grève de 48h







