À la veille de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru, l’opposant politique Emery Okundji a livré une analyse critique de la situation socio-politique de cette entité du centre de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique, il considère ce scrutin comme « une opportunité historique » pour engager un véritable tournant dans la gouvernance provinciale.
Originaire du Sankuru, province du Héros national Patrice Emery Lumumba, Emery Okundji regrette que cette région figure aujourd’hui parmi les moins développées du pays. Selon lui, un profond décalage persiste entre les immenses potentialités de la province et les conditions de vie de sa population. « Le Sankuru ne mérite pas d’être relégué au bas de l’échelle du développement national », affirme-t-il.
L’opposant attribue cette situation à ce qu’il qualifie de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance. Il pointe notamment la léthargie administrative, le népotisme, le manque d’intégrité des dirigeants, l’amateurisme dans la gestion des affaires publiques ainsi que le détournement présumé des fonds publics. À cela s’ajouterait, selon lui, une absence quasi totale de l’autorité de l’État dans plusieurs territoires de la province.
Emery Okundji met également en garde contre la tentation de reconduire des acteurs politiques qu’il estime responsables des échecs passés. Il dénonce une logique qui, selon lui, privilégie « ceux qui ont déjà failli » au détriment de compétences capables de répondre aux défis du développement, parlant d’un véritable paradoxe politique à la veille d’un scrutin décisif.
Dans sa déclaration, il évoque aussi la responsabilité des régimes successifs, qu’il accuse de n’avoir jamais permis au Sankuru de choisir librement ses dirigeants. Une situation qu’il juge entretenue de manière délibérée et qui aurait freiné l’émergence d’une gouvernance tournée vers le développement.
Convaincu qu’un changement reste possible, Emery Okundji estime que la levée des obstacles politiques et institutionnels ouvrirait la voie à un renouveau du Sankuru. Se référant à un passage biblique, il assure que « les ténèbres ne régneront pas toujours », appelant à l’avènement d’une nouvelle ère pour la province.
À l’approche du scrutin, cette prise de position illustre les attentes d’une frange de la classe politique sankuroise, qui voit dans l’élection du prochain exécutif provincial un moment clé pour l’avenir de la province.
Caroline Kaja







