Uvira : les rebelles du M23 toujours présents dans la ville, mais en tenue civile, selon le gouverneur

Malgré l’annonce officielle de leur retrait, des éléments de l’AFC/M23 seraient encore présents dans plusieurs quartiers de la ville d’Uvira. C’est l’alerte lancée dimanche par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki.

S’adressant à la population, il a déclaré :

« Selon nos renseignements, certains de leurs éléments sont encore présents dans la ville d’Uvira, dissimulés dans différents quartiers, en tenue civile mais armés. »

Selon l’autorité provinciale, ces combattants chercheraient à déstabiliser la ville.

« Ils veulent créer le chaos, perpétrer des crimes, organiser des pillages et des massacres afin de justifier un éventuel retour », a-t-il averti, appelant la population à la vigilance et à la collaboration avec les autorités.

Le gouverneur a également évoqué la présence présumée de mines antipersonnel ainsi que des positions occupées par ces éléments sur plusieurs hauteurs dominant Uvira, notamment à Katongo, Kigongo, Makobola 1 et 2, ainsi que dans les montagnes de Kivovo.

De son côté, le porte-parole politique de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a réaffirmé samedi 17 janvier 2026 l’engagement du mouvement à respecter les accords signés.

« L’Histoire retiendra qu’à ce jour, l’AFC/M23 a honoré une décision difficile : le retrait total de son unité d’observation et de monitoring, laquelle assurait la sécurisation de la ville d’Uvira et de sa population, dans l’attente de la remise et reprise de la ville libérée avec la force neutre », a-t-il déclaré.

Le gouverneur a qualifié la situation de « violation flagrante du cessez-le-feu ». Il a appelé au calme et à l’unité des communautés, mettant en garde contre toute stigmatisation ou attaque fondée sur l’origine.

Selon lui, d’autres combattants se seraient repliés vers Sange, Luvungi et la sucrerie de Kiliba, à une quinzaine de kilomètres d’Uvira.

Cet appel intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, marqué par des coups de feu et des scènes de pillage signalés dimanche dans plusieurs quartiers de la ville. Alors que le mouvement armé affirme avoir achevé son retrait et décline toute responsabilité dans la sécurisation d’Uvira, l’incertitude demeure quant au contrôle effectif de la situation sur le terrain.

Kanoba Obadias

Laisser un commentaire